
À Cannes, un jury cosmopolite présidé par Park Chan-wook pour une édition sous le signe de la diversité
Le réalisateur sud-coréen Park Chan-wook préside le jury de la 79e édition, où figures comme Demi Moore, Chloé Zhao et Ruth Negga côtoient des talents du Sud global.
La 79e édition du Festival de Cannes, qui se tiendra du 12 au 23 mai sur la Croisette, s’annonce comme un carrefour des regards planétaires. La composition du jury de la compétition officielle, dévoilée cette semaine, reflète une volonté d’équilibre géographique et générationnel. Présidé par le cinéaste sud-coréen Park Chan-wook, auteur de « Oldboy » et de « Decision to Leave », le collège de neuf membres compte des personnalités venues d’horizons aussi variés que la Chine, les États-Unis, la Suède, l’Irlande, la Belgique, le Chili ou la Côte d’Ivoire. Une mosaïque qui tranche avec les jurys longtemps dominés par les regards occidentaux.
Du côté américain, l’actrice Demi Moore, portée par la reconnaissance tardive de son rôle dans « The Substance », apporte une touche hollywoodienne à un ensemble où la réalisatrice sino-américaine Chloé Zhao, oscarisée pour « Nomadland », incarne la vitalité du cinéma indépendant. La présence de l’acteur suédois Stellan Skarsgård, figure familière des plateaux européens, et de l’Ivoirien-Américain Isaach de Bankolé, bientôt à l’affiche du troisième volet de « Dune », illustre la porosité croissante entre cinéma d’auteur et blockbusters. L’Irlando-Éthiopienne Ruth Negga, la Belge Laura Wandel, le Chilien Diego Céspedes et l’Écossais Paul Laverty complètent ce panel où la diversité des expériences nourrit le débat.
L’Asie, pour sa part, ne se limite pas à la présidence coréenne. L’Inde, poids lourd du cinéma mondial, sera représentée par plusieurs figures majeures : Alia Bhatt, Aishwarya Rai et Tara Sutaria fouleront le tapis rouge, tandis que la réalisatrice Payal Kapadia, déjà récompensée à Cannes pour « All We Imagine as Light », présidera le jury de la Semaine de la Critique. Cette présence indienne, qui s’inscrit dans une dynamique d’exportation culturelle accrue depuis le succès de « RRR » et « The Elephant Whisperers », témoigne de l’appétit cannois pour les narrations venues du sous-continent.
Du côté africain et francophone, l’édition 2025 confirme l’émergence de talents longtemps marginaux. Le cinéaste ivoirien Philippe Lacôte, dont le prochain projet figure parmi les sélections parallèles, et l’acteur Isaach de Bankolé, qui incarne une passerelle entre Abidjan et Hollywood, rappellent que le continent africain gagne en visibilité, même si la part des films subsahariens en compétition officielle reste modeste. La Belgique, via Laura Wandel – dont le premier long métrage « Un monde » a marqué les esprits à Cannes en 2021 –, et le Canada, par l’entremise de productions québécoises attendues dans les sélections, ancrent la francophonie dans un dialogue avec le reste du monde.
Cette ouverture géographique n’est pas seulement symbolique. Alors que les polémiques sur la diversité des jurys et la représentativité des industries culturelles agitent les grands festivals, Cannes semble vouloir répondre par les faits. Reste à savoir si cette composition cosmopolite se traduira par un palmarès audacieux, ou si elle demeurera une vitrine sans conséquence sur le choix des lauréats. Les vingt-deux films en lice, parmi lesquels figurent des œuvres de Jafar Panahi (lauréat l’an dernier) et de nouveaux venus, devront convaincre un collège où les sensibilités esthétiques et politiques se croisent sans se ressembler.
Élargis ton regard
Trump suspend les frappes contre l’Iran, en attendant un accord rapide
2 langues · 74 sources
Depuis Economy & MarketsAmazon franchit le seuil des 3 000 milliards de dollars de capitalisation, porté par le cloud et l’IA
3 langues · 11 sources
Depuis TechnologyL'IA transforme les pratiques mais exacerbe la fragilité des compétences humaines
4 langues · 11 sources