
Santa Marta : le tournant discret mais décisif vers la sortie des énergies fossiles
La première conférence internationale dédiée à l’abandon des combustibles fossiles s’est achevée à Santa Marta, en Colombie, sur une note d’optimisme prudent mais réel. Réunissant près de soixante États, des centaines d’experts et des représentants de la société civile, cette rencontre a officialisé un changement de paradigme : il ne s’agit plus de débattre de l’opportunité de sortir du pétrole, du gaz et du charbon, mais d’en définir les modalités concrètes. L’absence d’engagements contraignants n’a pas occulté la portée politique de l’événement, salué par la ministre colombienne de l’Environnement, Irene Vélez Torres, comme « le début d’une nouvelle démocratie climatique mondiale ».
L’originalité de cette conférence tient à sa méthode : plutôt que de reproduire les lenteurs des négociations onusiennes, les organisateurs – la Colombie et les Pays-Bas – ont choisi de bâtir une coalition de volontaires capables de produire une feuille de route commune. Celle-ci repose sur trois piliers : l’élaboration par chaque pays de « plans nationaux de transition », la coopération financière et technologique, et un mécanisme de suivi annuel. L’Italie, présente mais ambiguë, illustre les fractures persistantes au sein de l’Union européenne, tandis que les pays nordiques, la France et la Belgique ont activement soutenu le processus. Du côté africain, plusieurs délégations ont insisté sur la nécessité d’un financement équitable, rappelant que la transition ne saurait se faire au détriment des économies les plus vulnérables.
Si les grands émetteurs – États-Unis, Chine, Inde – ont brillé par leur absence, le rassemblement de Santa Marta a néanmoins réussi à poser les bases d’une dynamique irréversible. L’annonce du passage de relais, pour l’édition 2026, à l’Irlande et à l’archipel de Tuvalu – premier État menacé de disparition par la montée des eaux – constitue un symbole fort. Mais la question du financement reste le principal écueil. Les discussions colombiennes ont mis en lumière le gouffre entre les promesses des pays riches et les besoins concrets des nations en développement, notamment pour abandonner les subventions aux hydrocarbures et investir dans les énergies renouvelables. La prochaine étape, à Dublin et Funafuti, devra transformer cette ambition en mécanismes tangibles, sous peine de voir la « coalition des volontaires » rester une initiative sans lendemain.
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