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mercredi 29 avril 2026

Ali al-Zaidi, l’homme d’affaires qui doit gouverner l’Irak entre pressions extérieures et défis internes

C’est un jeune homme d’affaires sans mandat électif ni expérience gouvernementale que l’Irak vient de placer à la tête de son exécutif. Ali al-Zaidi, désigné premier ministre par le président Nizar Amedi le 7 mai, a hérité d’une mission périlleuse : former un cabinet en trente jours et apaiser un pays écartelé entre les ambitions de Washington et de Téhéran. Son nom, surgi après des semaines d’enlisement politique, incarne le compromis fragile auquel les élites chiites de l’« Quadro de coordination » ont consenti pour éviter l’implosion.

La nomination d’al-Zaidi ne se comprend qu’à la lumière de la pression américaine qui a contraint Nouri al-Maliki à retirer sa candidature. L’ancien premier ministre, proche de l’Iran, avait suscité une réaction menaçante de Donald Trump, rendant intenable sa position au sein même de la coalition majoritaire. Dans les capitales occidentales comme dans les chancelleries européennes qui suivent de près l’évolution irakienne, le retrait d’al-Maliki a été interprété comme un signal de réalisme après cinq mois de vide postélectoral. L’accueil favorable de la mission américaine à Bagdad – qui a salué un « avenir plus brillant et plus sûr » – reflète une approbation tacite que partagent Paris, Bruxelles ou Ottawa, soucieux de stabilité régionale et de sécurité énergétique.

Cependant, les éditorialistes du monde arabe demeurent perplexes. Les médias panarabes décrivent un homme né en 1986 à Nassiriya, sans autre carte de visite que ses réseaux d’affaires et ses liens noués avec des figures antagonistes de la scène chiite, d’Ammar al-Hakim jusqu’à Qaïs al-Khazali. La presse beyrouthine et les chroniqueurs du Golfe s’interrogent : s’agit-il d’un véritable acteur politique ou d’une façade destinée à masquer les rapports de force souterrains ? La question est d’autant plus vive que le nouveau premier ministre désigné n’a jamais affronté le verdict des urnes et que sa marge de manœuvre face aux milices armées et au clientélisme endémique paraît des plus étroites.

Du côté des observateurs iraniens et de la diaspora persane, le choix d’al-Zaidi est décrypté comme un exercice d’équilibrisme entre Téhéran et Washington. Un analyste installé en Australie rappelle que le retrait d’al-Maliki, longtemps protégé par le Guide suprême, a de facto affaibli le camp iranien tout en préservant les intérêts sécuritaires de la République islamique. L’« équilibriste » al-Zaidi, sans hostilité déclarée à l’égard de l’Iran ni allégeance affichée aux Américains, pourrait, au moins provisoirement, convenir aux deux parrains de l’Irak.

Cette lecture trouve un écho dans la presse italienne spécialisée en géopolitique, qui voit dans cette nomination « un choix conservateur des élites irakiennes » destiné à soustraire le pays au dangereux face-à-face entre les États-Unis, Israël et l’Iran. À Rome, on estime que la coalition chiite a préféré un profil abrasif sur le plan interne à un leader clivant qui aurait attisé les ingérences extérieures. Le calcul, toutefois, repose sur un pari risqué : faire du chef du gouvernement un administrateur plutôt qu’un décideur.

Le chemin vers un gouvernement stable reste semé d’embûches. Sans assise populaire ni légitimité électorale directe, al-Zaidi devra composer avec les blocs parlementaires, les factions armées et les dossiers explosifs de la corruption et des sanctions économiques. La France, comme les autres puissances européennes, observera avec attention sa capacité à restaurer une souveraineté irakienne qui profite autant à la lutte antiterroriste qu’à la prospérité partagée. L’avenir dira si ce technocrate au parcours lisse saura s’émanciper des forces qui l’ont porté, ou s’il ne fera que prolonger, sous un visage neuf, l’immobilisme d’un système verrouillé par les jeux de puissances régionales.

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mercredi 29 avril 2026

Ali al-Zaidi, l’homme d’affaires qui doit gouverner l’Irak entre pressions extérieures et défis internes

C’est un jeune homme d’affaires sans mandat électif ni expérience gouvernementale que l’Irak vient de placer à la tête de son exécutif. Ali al-Zaidi, désigné premier ministre par le président Nizar Amedi le 7 mai, a hérité d’une mission périlleuse : former un cabinet en trente jours et apaiser un pays écartelé entre les ambitions de Washington et de Téhéran. Son nom, surgi après des semaines d’enlisement politique, incarne le compromis fragile auquel les élites chiites de l’« Quadro de coordination » ont consenti pour éviter l’implosion.

La nomination d’al-Zaidi ne se comprend qu’à la lumière de la pression américaine qui a contraint Nouri al-Maliki à retirer sa candidature. L’ancien premier ministre, proche de l’Iran, avait suscité une réaction menaçante de Donald Trump, rendant intenable sa position au sein même de la coalition majoritaire. Dans les capitales occidentales comme dans les chancelleries européennes qui suivent de près l’évolution irakienne, le retrait d’al-Maliki a été interprété comme un signal de réalisme après cinq mois de vide postélectoral. L’accueil favorable de la mission américaine à Bagdad – qui a salué un « avenir plus brillant et plus sûr » – reflète une approbation tacite que partagent Paris, Bruxelles ou Ottawa, soucieux de stabilité régionale et de sécurité énergétique.

Cependant, les éditorialistes du monde arabe demeurent perplexes. Les médias panarabes décrivent un homme né en 1986 à Nassiriya, sans autre carte de visite que ses réseaux d’affaires et ses liens noués avec des figures antagonistes de la scène chiite, d’Ammar al-Hakim jusqu’à Qaïs al-Khazali. La presse beyrouthine et les chroniqueurs du Golfe s’interrogent : s’agit-il d’un véritable acteur politique ou d’une façade destinée à masquer les rapports de force souterrains ? La question est d’autant plus vive que le nouveau premier ministre désigné n’a jamais affronté le verdict des urnes et que sa marge de manœuvre face aux milices armées et au clientélisme endémique paraît des plus étroites.

Du côté des observateurs iraniens et de la diaspora persane, le choix d’al-Zaidi est décrypté comme un exercice d’équilibrisme entre Téhéran et Washington. Un analyste installé en Australie rappelle que le retrait d’al-Maliki, longtemps protégé par le Guide suprême, a de facto affaibli le camp iranien tout en préservant les intérêts sécuritaires de la République islamique. L’« équilibriste » al-Zaidi, sans hostilité déclarée à l’égard de l’Iran ni allégeance affichée aux Américains, pourrait, au moins provisoirement, convenir aux deux parrains de l’Irak.

Cette lecture trouve un écho dans la presse italienne spécialisée en géopolitique, qui voit dans cette nomination « un choix conservateur des élites irakiennes » destiné à soustraire le pays au dangereux face-à-face entre les États-Unis, Israël et l’Iran. À Rome, on estime que la coalition chiite a préféré un profil abrasif sur le plan interne à un leader clivant qui aurait attisé les ingérences extérieures. Le calcul, toutefois, repose sur un pari risqué : faire du chef du gouvernement un administrateur plutôt qu’un décideur.

Le chemin vers un gouvernement stable reste semé d’embûches. Sans assise populaire ni légitimité électorale directe, al-Zaidi devra composer avec les blocs parlementaires, les factions armées et les dossiers explosifs de la corruption et des sanctions économiques. La France, comme les autres puissances européennes, observera avec attention sa capacité à restaurer une souveraineté irakienne qui profite autant à la lutte antiterroriste qu’à la prospérité partagée. L’avenir dira si ce technocrate au parcours lisse saura s’émanciper des forces qui l’ont porté, ou s’il ne fera que prolonger, sous un visage neuf, l’immobilisme d’un système verrouillé par les jeux de puissances régionales.

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