
Anthropic loue le supercalculateur de SpaceX pour répondre à la demande colossale de son IA Claude
Anthropic obtient toute la puissance du centre de données Colossus 1 de SpaceX à Memphis, doublant les capacités de Claude Code malgré les récentes invectives d’Elon Musk.
L’alliance que personne n’attendait s’est scellée mercredi à San Francisco. Anthropic, le rival d’OpenAI, a annoncé un accord avec SpaceX pour utiliser la totalité de la puissance de calcul de Colossus 1, le gigantesque centre de données que le groupe d’Elon Musk a bâti à Memphis. Plus de 300 mégawatts de capacité, adossés à quelque 220 000 puces Nvidia, sont désormais mis au service de Claude, l’assistant d’intelligence artificielle d’Anthropic. L’entreprise entend ainsi doubler les limites horaires de son offre Claude Code, destinée aux développeurs, et répondre à une demande qui croît plus vite que ses infrastructures ne le permettaient. En contrepartie, Anthropic exprime sa volonté de travailler avec SpaceX pour déployer « plusieurs gigawatts » de calcul en orbite, une perspective qui rappelle les ambitions de Musk de faire de l’IA un levier spatial.
Ce rapprochement a de quoi surprendre, tant les relations entre les deux camps étaient jusqu’ici exécrables. En février, Elon Musk qualifiait les modèles d’Anthropic de « misanthropes et malveillants », leur reprochant de haïr « les Blancs, les Asiatiques, les hétérosexuels et les hommes ». Mais la logique industrielle a pris le pas sur les querelles de personnes. Colossus 1, initialement conçu pour xAI, la propre entreprise d’IA du milliardaire, devient ainsi une plateforme ouverte à un concurrent direct — du moins pour les ressources de calcul. Aux États-Unis, cet accord illustre la concentration croissante des infrastructures critiques d’IA entre les mains de quelques acteurs, tandis qu’en Europe et dans l’espace francophone, il suscite des interrogations sur la souveraineté numérique et la dépendance technologique. En France et au Canada, des voix s’élèvent pour dénoncer une course aux armements du calcul privé qui échappe à tout contrôle public.
L’annonbe a été faite lors de « Code with Claude », la conférence annuelle des développeurs d’Anthropic, où sa directrice produits, Ami Vora, a souligné que les abonnés aux forfaits Pro et Max bénéficieraient immédiatement de ces capacités supplémentaires. Mais au-delà du soulagement immédiat pour les utilisateurs, ce partenariat dessine un avenir où la puissance de calcul ne sera plus un goulot d’étranglement, mais un enjeu géopolitique. La promesse d’une infrastructure en orbite, si elle se concrétise, pourrait bouleverser les équilibres actuels, en rendant les données difficiles à réguler pour les États. L’ombre d’Elon Musk, désormais aussi puissant dans l’espace que dans l’IA, plane sur une industrie qui cherche encore à définir ses règles.
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