
Au Soudan, les frappes de drones sur les civils s’intensifient au Kordofan
Au moins 11 civils ont été tués dans une frappe de drone sur le marché d’Abou Zaiema. Alors que les attaques aériennes se multiplient, les récits divergent sur les responsabilités.
Un drone a frappé, samedi, le marché principal d’Abou Zaiema, dans l’État du Nord-Kordofan, au centre du Soudan, tuant au moins onze civils et en blessant des dizaines d’autres, selon l’ONG Emergency Lawyers. La localité est contrôlée par les Forces de soutien rapide (FSR), en guerre contre l’armée soudanaise depuis avril 2023. Si l’attaque n’a pas été revendiquée, des sources médiatiques arabes l’attribuent à l’armée, tandis que la presse européenne, à l’image du Figaro ou de Mediaset, reste prudente, se contentant de relayer le bilan.
Ce drame s’inscrit dans une escalade de frappes aériennes qui ensanglante le Kordofan, devenu l’un des fronts les plus violents du conflit. Dès vendredi, des drones avaient visé les villages de Khashkhasha et al-Baqriyat, tuant trois personnes, puis un véhicule civil, faisant deux nouvelles victimes. Le même jour, une station-service d’al-Obeid, la capitale régionale, était touchée. Ces attaques répétées, qui auraient fait au total seize morts en quarante-huit heures selon des sources locales, illustrent l’usage croissant de drones par les belligérants, qui prennent pour cible infrastructures et rassemblements civils.
La bataille du récit accuse les divisions géopolitiques qui entourent le conflit soudanais. Les chaînes arabes, s’appuyant sur des témoignages et des sources médicales, n’hésitent pas à dénoncer des « massacres » imputés à l’armée, tandis que les médias occidentaux, sans désigner de responsable, soulignent l’horreur d’une guerre qui a déjà fait des milliers de morts et provoqué la pire crise humanitaire au monde selon l’ONU. Cette prudence éditoriale reflète les difficultés de vérification sur le terrain, mais aussi la complexité d’un conflit où chaque camp instrumentalise la souffrance des civils.
Alors que les pourparlers de Genève et de Djeddah restent dans l’impasse, les observateurs redoutent une intensification des combats aériens, en particulier dans les zones sous contrôle des FSR. Le Kordofan, carrefour stratégique reliant Khartoum au Darfour, pourrait être le théâtre de nouvelles tragédies si la communauté internationale ne parvient pas à imposer un cessez-le-feu. En attendant, les populations civiles, prises en étau, paient le prix fort de cette guerre par procuration.
| Presse du Golfe arabe | −0.80 | critical |
|---|---|---|
| Presse européenne continentale | 0.00 | neutral |
L'armée soudanaise a bombardé par drones un marché au Kordofan, tuant au moins 11 civils et portant à 16 le nombre total de victimes civiles dans la zone. C'est un nouveau massacre de populations sans défense, dans le cadre d'une escalade systématique d'attaques délibérées contre les cibles et infrastructures civiles.
Une frappe de drone a touché un marché au centre du Soudan, faisant au moins 11 morts et des dizaines de blessés, selon une organisation de défense des droits humains. L'attaque n'a pas été attribuée à une partie, la région du Kordofan restant l'un des fronts les plus violents de la guerre en cours.
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