
Majorité des Américains pour une régulation stricte des réseaux sociaux
Entre témoignages d’enseignants, études sur les effets scolaires et décisions de justice, la protection des mineurs en ligne s’impose comme un enjeu bipartisan aux États-Unis et en Europe.
Dans une classe de collège à Sassari, en Sardaigne, trois enseignantes décrivent un quotidien devenu presque insurmontable : « Après cinq minutes de lecture, les élèves doivent s’arrêter, ils n’y arrivent plus », racontent-elles. Elles évoquent des adolescents somnolents dès la première heure, passant leurs nuits sur leur téléphone, des mots qui s’appauvrissent, des émotions qui explosent. L’une des images qu’elles retiennent est celle des gourdes devenues de véritables « tétines », un besoin compulsif de boire pour se calmer. Ce tableau, publié par le quotidien italien ilfattoquotidiano.it, illustre une inquiétude qui dépasse largement les salles de classe.
Aux États-Unis, un sondage Reuters/Ipsos mené auprès de 4 505 adultes jusqu’au 3 août montre que 61 % des répondants estiment que les entreprises de réseaux sociaux nécessitent une surveillance plus stricte, avec un soutien bipartisan : 71 % chez les démocrates et 62 % chez les républicains. Le même sondage indique que 66 % des Américains approuvent des lois obligeant ces plateformes à vérifier l’âge des utilisateurs pour empêcher les moins de 16 ans d’y accéder. Quatre-vingt-cinq pour cent jugent que les réseaux sociaux peuvent créer une dépendance chez les enfants, et une proportion similaire estime qu’ils peuvent nuire à leur santé mentale. Malgré ces craintes, 70 % disent y trouver du plaisir, et 52 % reconnaissent y passer trop de temps.
Les pressions juridiques s’intensifient. Meta, propriétaire de Facebook et Instagram, doit faire face à un procès intenté par des procureurs de plusieurs États américains, qui l’accusent d’avoir conçu des produits encourageant une utilisation excessive et potentiellement addictive chez les jeunes. L’entreprise nie ces allégations. Le 6 août, une cour de l’État du Nouveau-Mexique a ordonné à Meta de verser 567 millions de dollars à un fonds dédié à la santé mentale des mineurs et de modifier le fonctionnement de ses plateformes pour les jeunes utilisateurs. Parallèlement, plus de douze États ont adopté des lois encadrant l’accès des mineurs, tandis que l’organisation professionnelle NetChoice, soutenue notamment par Meta, TikTok et Snap, a déposé des recours contre ces mesures au nom de la liberté d’expression.
En Europe, la question est tout aussi vive. L’Australie a fixé à 16 ans l’âge minimal d’accès aux réseaux sociaux, et la France a interdit leur usage aux moins de 15 ans, une première dans l’Union européenne. L’Espagne, le Portugal, l’Indonésie et la Malaisie ont adopté ou envisagent des mesures similaires. Des organismes comme l’OMS, l’Unicef et l’Association américaine de psychologie rappellent toutefois les bénéfices d’internet en matière d’apprentissage et de participation, et privilégient une approche combinant éducation numérique, responsabilité des plateformes et protection des données, plutôt qu’une simple interdiction.
Les données scientifiques appuient ces préoccupations. Une étude de l’université de Milan-Bicocca, publiée dans Nature Human Behaviour, a suivi 5 227 élèves du nord de l’Italie pendant huit ans : ceux qui ont ouvert un compte en sixième (11-12 ans) ont perdu l’équivalent d’un demi-année scolaire en mathématiques et en italien par rapport à ceux qui ont commencé plus tard. Une autre recherche, menée avec des avatars reproduisant le comportement d’adolescents sur TikTok, Instagram et X, montre qu’après soixante minutes d’utilisation cumulée sur douze jours, les profils sont orientés vers des contenus liés à la dépression, au suicide ou à la violence graphique. Dans les classes de Sassari, le constat reste celui de l’épuisement : les élèves ne finissent plus les devoirs, et les enseignantes peinent à maintenir leur attention. La gourde posée sur le bureau, tel un objet de réconfort, devient le symbole d’une génération qui cherche à s’apaiser dans un monde numérique dont elle ne maîtrise plus les effets.
| Presse européenne continentale | −0.80 | critical |
|---|---|---|
| Presse atlantique / anglosphère | 0.00 | neutral |
| Presse arabe Levant-Maghreb | 0.00 | neutral |
| Presse latino-américaine | −0.30 | critical |
L'Europe dénonce le déclin intellectuel des jeunes et exige une intervention urgente.
Une seule étude ou essai est élevé au rang de preuve d'une régression générationnelle, rendant le problème systémique et urgent.
Les données de sondage montrant un large soutien public à la réglementation, qui offriraient une solution politique, sont omises.
L'opinion publique américaine, à travers les sondages, demande des règles plus strictes pour protéger les mineurs.
Les chiffres du sondage deviennent la preuve de la nécessité d'une action législative, sans aborder les causes profondes.
Les études européennes sur le déclin cognitif sont omises, se concentrant uniquement sur la réglementation comme solution.
L'opinion publique américaine, comme le montre le sondage, soutient des règles plus strictes pour les réseaux sociaux afin de protéger les mineurs.
Les chiffres du sondage sont présentés comme une preuve objective, donnant autorité aux demandes réglementaires sans s'engager dans une critique culturelle.
La narration européenne du déclin cognitif est absente ; seul l'aspect réglementaire est mis en avant.
L'Amérique latine aborde le problème des mineurs et des écrans avec des propositions concrètes de réglementation et d'éducation.
Les données internationales sont ramenées dans le contexte local, rendant le problème pertinent pour la politique nationale et sollicitant l'implication parentale.
Les chiffres spécifiques du sondage américain sont omis, préférant une approche plus large et universelle.
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