Se connecter
Édition de 20:00 CETdimanche 9 août 2026
320 sources · 17 langues1058 briefings aujourd'hui
mardi 28 avril 2026

Berlin suggère que Kiev cède du territoire pour obtenir la paix et intégrer l'UE

Le chancelier allemand Friedrich Merz a brisé un tabou diplomatique en suggérant que l’Ukraine pourrait devoir renoncer à une partie de son territoire pour sceller un accord de paix avec la Russie, tout en présentant l’adhésion à l’Union européenne comme une contrepartie destinée au peuple ukrainien. Devant des étudiants à Marsberg, il a évoqué la tenue éventuelle d’un référendum par lequel le président Volodymyr Zelensky demanderait à ses concitoyens d’accepter cette cession en échange de l’ouverture du chemin européen. Cette déclaration, rapportée tant à Moscou que dans la presse occidentale, marque un tournant dans la rhétorique d’un dirigeant du moteur franco-allemand, au moment où la guerre semble s’enliser dans une violence réciproque.

Dans la nuit même, une frappe de drones russes blessait quatorze personnes à Odessa, endommageant immeubles résidentiels et infrastructures portuaires, tandis que Moscou revendiquait la prise de deux villages dans l’Est ukrainien. En représaille, des drones ukrainiens provoquaient un incendie majeur dans la raffinerie russe de Touapsé, au bord de la mer Noire, entraînant l’évacuation du site, et des attaques contre des véhicules civils dans la région de Belgorod tuaient trois personnes. Ce bilan quotidien souligne combien la perspective d’un cessez-le-feu, évoquée par M.

Merz, demeure lointaine sur le terrain. Dans les capitales européennes, la sortie du chancelier est accueillie avec un mélange de gêne et de réalisme. Si Paris et Bruxelles réaffirment officiellement leur attachement à l’intégrité territoriale de l’Ukraine, plusieurs diplomaties du continent, notamment en Europe centrale et orientale, redoutent qu’une normalisation du fait accompli territorial n’encourage les visées expansionnistes.

D’un autre côté, les cercles proches de la Commission européenne laissent entendre que l’élargissement à l’Ukraine, même partiel et sur un temps long, ne pourra se concevoir qu’une fois les frontières stabilisées, fût-ce au prix d’une perte que Kiev juge inacceptable aujourd’hui. À Moscou, les propos de M. Merz sont commentés comme une reconnaissance implicite que le rapport de force a basculé et que les gains russes pourraient être entérinés par l’Occident, ce que le Kremlin cherche à consolider par une guerre d’usure.

Vu d’Amérique du Nord, le Canada, important soutien de l’Ukraine au sein de l’OTAN et acteur de la francophonie, maintient une ligne officielle de refus de toute concession territoriale, mais Ottawa observe avec attention la mutation du discours allemand, susceptible d’influencer l’administration américaine dans ses calculs sur l’aide militaire. En Afrique francophone, le débat résonne différemment : les opinions publiques, souvent sensibles à la question des frontières héritées de la colonisation, y voient un dangereux précédent, quand certains gouvernements, engagés avec Moscou sur le plan sécuritaire, perçoivent dans cette proposition un affaiblissement du bloc occidental. Pour l’Union européenne, l’hypothèse formulée par M.

Merz relance la réflexion stratégique sur le rythme et les conditions de l’intégration de l’Ukraine. Le chancelier a pris soin de tempérer les attentes en matière d’adhésion rapide, rappelant que le processus reste semé d’obstacles économiques et institutionnels. Mais en liant paix et perspective européenne, il ouvre un champ de négociation vertigineux, où la promesse de Bruxelles servirait à légitimer une amputation territoriale – un jeu dangereux qui, s’il devait se concrétiser, redessinerait non seulement la carte de l’Europe orientale, mais aussi la nature même du projet communautaire.

Dernières
Christopher Lambert, vedette de Highlander, victime d'un malaise lors d'une convention·La sécheresse révèle les vestiges de la Seconde Guerre mondiale dans le lit du Danube·Uruguay : un dégagement en deuxième division provoque un carambolage sur la route·Chelsea évite la défaite à Johor en égalisant dans les dernières secondes·Jannik Sinner renonce au Masters 1000 de Cincinnati, priorité à l'US Open·Menace de tarifs américains le 19 août : Ottawa sous pression pour ne plus céder·L'anticyclone subtropical étend son emprise sur l'Europe et le Maghreb·Douleur et stress chez l’animal de compagnie : des signes discrets que les propriétaires peinent à décoder·Christopher Lambert, vedette de Highlander, victime d'un malaise lors d'une convention·La sécheresse révèle les vestiges de la Seconde Guerre mondiale dans le lit du Danube·Uruguay : un dégagement en deuxième division provoque un carambolage sur la route·Chelsea évite la défaite à Johor en égalisant dans les dernières secondes·Jannik Sinner renonce au Masters 1000 de Cincinnati, priorité à l'US Open·Menace de tarifs américains le 19 août : Ottawa sous pression pour ne plus céder·L'anticyclone subtropical étend son emprise sur l'Europe et le Maghreb·Douleur et stress chez l’animal de compagnie : des signes discrets que les propriétaires peinent à décoder·
Màj 15:103 langues · 4 sources
4 sources|3 langues|3 min de lecture
mardi 28 avril 2026

Berlin suggère que Kiev cède du territoire pour obtenir la paix et intégrer l'UE

Le chancelier allemand Friedrich Merz a brisé un tabou diplomatique en suggérant que l’Ukraine pourrait devoir renoncer à une partie de son territoire pour sceller un accord de paix avec la Russie, tout en présentant l’adhésion à l’Union européenne comme une contrepartie destinée au peuple ukrainien. Devant des étudiants à Marsberg, il a évoqué la tenue éventuelle d’un référendum par lequel le président Volodymyr Zelensky demanderait à ses concitoyens d’accepter cette cession en échange de l’ouverture du chemin européen. Cette déclaration, rapportée tant à Moscou que dans la presse occidentale, marque un tournant dans la rhétorique d’un dirigeant du moteur franco-allemand, au moment où la guerre semble s’enliser dans une violence réciproque.

Dans la nuit même, une frappe de drones russes blessait quatorze personnes à Odessa, endommageant immeubles résidentiels et infrastructures portuaires, tandis que Moscou revendiquait la prise de deux villages dans l’Est ukrainien. En représaille, des drones ukrainiens provoquaient un incendie majeur dans la raffinerie russe de Touapsé, au bord de la mer Noire, entraînant l’évacuation du site, et des attaques contre des véhicules civils dans la région de Belgorod tuaient trois personnes. Ce bilan quotidien souligne combien la perspective d’un cessez-le-feu, évoquée par M.

Merz, demeure lointaine sur le terrain. Dans les capitales européennes, la sortie du chancelier est accueillie avec un mélange de gêne et de réalisme. Si Paris et Bruxelles réaffirment officiellement leur attachement à l’intégrité territoriale de l’Ukraine, plusieurs diplomaties du continent, notamment en Europe centrale et orientale, redoutent qu’une normalisation du fait accompli territorial n’encourage les visées expansionnistes.

D’un autre côté, les cercles proches de la Commission européenne laissent entendre que l’élargissement à l’Ukraine, même partiel et sur un temps long, ne pourra se concevoir qu’une fois les frontières stabilisées, fût-ce au prix d’une perte que Kiev juge inacceptable aujourd’hui. À Moscou, les propos de M. Merz sont commentés comme une reconnaissance implicite que le rapport de force a basculé et que les gains russes pourraient être entérinés par l’Occident, ce que le Kremlin cherche à consolider par une guerre d’usure.

Vu d’Amérique du Nord, le Canada, important soutien de l’Ukraine au sein de l’OTAN et acteur de la francophonie, maintient une ligne officielle de refus de toute concession territoriale, mais Ottawa observe avec attention la mutation du discours allemand, susceptible d’influencer l’administration américaine dans ses calculs sur l’aide militaire. En Afrique francophone, le débat résonne différemment : les opinions publiques, souvent sensibles à la question des frontières héritées de la colonisation, y voient un dangereux précédent, quand certains gouvernements, engagés avec Moscou sur le plan sécuritaire, perçoivent dans cette proposition un affaiblissement du bloc occidental. Pour l’Union européenne, l’hypothèse formulée par M.

Merz relance la réflexion stratégique sur le rythme et les conditions de l’intégration de l’Ukraine. Le chancelier a pris soin de tempérer les attentes en matière d’adhésion rapide, rappelant que le processus reste semé d’obstacles économiques et institutionnels. Mais en liant paix et perspective européenne, il ouvre un champ de négociation vertigineux, où la promesse de Bruxelles servirait à légitimer une amputation territoriale – un jeu dangereux qui, s’il devait se concrétiser, redessinerait non seulement la carte de l’Europe orientale, mais aussi la nature même du projet communautaire.

Divergence des sources

— · 4 sources · 3 langues

0%Faible

À quel point les sources racontent les mêmes faits de manière différente.

Cette actualité est parue dans

4 sources · 3 langues

Élargis ton regard

Depuis Geopolitics & Politics

Iran et Oman finalisent un accord temporaire sur le détroit d’Ormuz, Washington sous pression

4 langues · 30 sources

Depuis Economy & Markets

Provisionnement en hausse : les banques émergentes entre expansion du crédit et dégradation des actifs

2 langues · 6 sources

Depuis Technology

L’Union européenne active ses règles de transparence sur l’IA, l’Inde et le Brésil accentuent la pression sur Meta

2 langues · 8 sources

Lire plus