
Biennale de Venise : Bruxelles menace de bloquer les fonds face à la présence russe
L'UE hausse le ton contre la Biennale de Venise, tandis que le ministre italien de la Culture se heurte à l'aile dure de son camp.
La Biennale de Venise, vitrine mondiale de l'art contemporain, est prise dans une tourmente politique qui dépasse les cimaises des pavillons. Alors que l'édition 2025 s'ouvrait sous la houlette de Pietrangelo Buttafuoco, figure de l'extrême droite italienne connu pour arborer le slogan fasciste « Me Ne Frego », l'Union européenne a fait savoir qu'elle utiliserait « tous les instruments à sa disposition » pour sanctionner la présence de la Russie dans la manifestation. Le commissaire européen à la Culture, Glenn Micallef, a clairement indiqué que l'enjeu ne se limitait pas au volet culturel : Bruxelles considère que l'absence d'une exclusion formelle de Moscou constitue une violation des sanctions communautaires liées à la guerre en Ukraine. Cette prise de position, relayée depuis Bruxelles, place l'Italie dans une position délicate, elle qui perçoit chaque année des fonds européens pour la Biennale.
Le bras de fer s'est intensifié après la démission collective du jury, qui avait refusé d'attribuer des prix à Israël et à la Russie, évoquant des « crimes contre l'humanité » — une décision qui avait provoqué une onde de choc dans les allées du pouvoir. Côté italien, le ministre de la Culture, Alessandro Giuli, a d'abord tenté de faire preuve de fermeté en s'opposant publiquement à la ligne conciliante de Buttafuoco à l'égard de Moscou. Mais la position du ministre, pourtant appréciée à Bruxelles, lui a valu une volée de bois vert au sein de son propre parti, Fratelli d'Italia. Selon des sources romaines, Giorgia Meloni exigerait désormais que Giuli fasse la paix avec le président de la Biennale, qu'elle a elle-même nommé, et dont la loyauté idéologique semble primer sur les considérations diplomatiques.
Au-delà des querelles de cour, c'est toute la cohérence de la politique étrangère italienne qui est questionnée. À Stockholm, les observateurs notent que la Biennale vénitienne, privée de jury et livrée à un président qui déclare « craindre davantage l'Occident que Poutine », offre un spectacle inquiétant de délitement institutionnel. En Espagne, l'éditorialiste d'El Universal rappelle que l'argent des contribuables européens ne saurait financer une plateforme où l'agresseur russe est traité comme un invité ordinaire. La menace de Bruxelles — couper les subventions — pourrait bien être la seule manière de remettre de l'ordre dans un événement qui, de San Marco au Lido, vacille entre loyauté partisane et obligations internationales. Les prochaines semaines diront si Meloni choisira d'obéir à Bruxelles ou de protéger son champion idéologique, au risque de fracturer davantage un gouvernement déjà soumis à de fortes tensions internes.
| Presse européenne continentale | −0.40 | critical |
|---|---|---|
| Presse latino-américaine | −0.20 | neutral |
La presse européenne continentale décrit l’affaire comme un chaos politico-culturel, le commissaire européen menaçant d’utiliser tous les leviers disponibles, y compris au-delà de la culture, pour faire respecter les sanctions à la Biennale. Le ministre italien Giuli est présenté comme isolé dans son pays mais apprécié à Bruxelles, tandis que le président de la Biennale Buttafuoco arbore des slogans fascistes et défie l’Occident. Le ton est critique envers la dérive autoritaire et l’incohérence du gouvernement italien.
La presse latino-américaine rapporte l’information avec détachement, en se concentrant sur la menace de l’UE d’utiliser tous les outils disponibles pour faire pression sur la Biennale en raison de la présence russe. L’aspect diplomatique et des sanctions est souligné, sans entrer dans les polémiques internes italiennes. Le ton est descriptif et pragmatique, avec un regard sur les dynamiques de pouvoir internationales.
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