
La Bolivie sous état d’exception après 50 jours de blocus
Rodrigo Paz mobilise l’armée pour débloquer les routes, tandis que les syndicats divisés maintiennent la pression.
Le président bolivien, Rodrigo Paz, a décrété samedi 20 juin l’état d’exception sur l’ensemble du territoire, une décision qui autorise le déploiement des forces armées pour lever les barrages routiers paralysant le pays depuis plus de cinquante jours. L’annonce, faite dans la nuit après des semaines d’affrontements et de pénuries, ouvre une nouvelle phase dans la crise politique et économique qui secoue la Bolivie. Le décret, immédiatement en vigueur, doit être soumis au Congrès dans les 24 heures, qui dispose ensuite de 72 heures pour l’approuver ou le rejeter.
Selon les médias latino-américains et européens, la décision survient quelques heures après la signature d’un accord entre le gouvernement et la Centrale ouvrière bolivienne (COB), principale confédération syndicale, qui a accepté de lever ses propres barrages. Toutefois, d’autres organisations – fédérations paysannes, groupes indigènes comme la Túpac Katari et secteurs cocaleros fidèles à l’ancien président Evo Morales – ont rejeté ce compromis et maintenu leurs blocages, en particulier dans la région de Cochabamba. Le président Paz, issu d’une coalition de centre-droit arrivée au pouvoir en novembre 2025 après deux décennies de gouvernements socialistes, accuse ces groupes de mener une « tentative de coup d’État depuis le narcoterrorisme », orchestrée selon lui par Morales, réfugié dans le Chapare pour échapper à des poursuites judiciaires.
Les conséquences des barrages sont sévères : pénuries de carburant, de médicaments et de denrées alimentaires, notamment à La Paz et El Alto, et au moins 17 décès recensés par la Défenseure du peuple, dont la plupart liés à l’impossibilité d’accéder à des soins. La Chambre nationale des industries évalue les pertes à environ 2,7 milliards de dollars. Le décret d’exception suspend temporairement la liberté de circulation et de réunion, et autorise les détentions préventives jusqu’à huit heures, tout en maintenant, selon l’exécutif, les garanties constitutionnelles fondamentales. Les autorités boliviennes insistent sur le caractère limité de ces restrictions, destinées à « rendre la liberté au peuple » et à protéger l’approvisionnement.
Les origines de la crise remontent aux réformes d’austérité engagées par le président Paz pour contenir un déficit budgétaire aggravé par une pénurie de dollars et des négociations avec le Fonds monétaire international. La réduction des subventions aux carburants, décidée en mai, a cristallisé un mécontentement plus large, amplifié par le renchérissement du coût de la vie et l’héritage de fractures sociales profondes sous le mandat d’Evo Morales. Le gouvernement bénéficie du soutien affiché de Washington, qui a acheminé une aide alimentaire d’urgence, tandis que les contestataires dénoncent une ingérence étrangère et une politique économique favorable aux élites. La mise en œuvre de l’état d’exception reste conditionnée à l’approbation parlementaire, alors que des opérations de déblaiement ont déjà commencé sur certains axes, laissant planer l’incertitude sur une résolution durable du conflit.
| Presse latino-américaine | −0.30 | critical |
|---|---|---|
| Presse européenne continentale | 0.00 | neutral |
Malgré l'accord entre le gouvernement et le syndicat après 50 jours de manifestations, la mobilisation des partisans de Morales se poursuit, les agriculteurs indigènes durcissant leur position et l'ex-président menaçant d'une issue violente si le vote n'est pas respecté. La crise est loin d'être terminée.
Après six semaines de manifestations et de blocages routiers qui ont perturbé la vie quotidienne, le gouvernement bolivien et la principale confédération syndicale ont signé un accord pour lever les mesures de pression et rétablir le calme. Cet accord constitue une résolution pragmatique de la crise immédiate.
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