
Cannes 2026 : la Palme d’or en suspens, entre audace artistique et message politique
Jury présidé par Park Chan-wook, compétition sans favori, absence d’Hollywood et ombre de la guerre en Ukraine : la 79e édition se conclut ce soir dans l’expectative.
La 79e édition du Festival de Cannes s’achève ce samedi soir au Grand Théâtre Lumière, avec une cérémonie de clôture présentée par l’actrice Eye Haïdara. Le jury international, que préside le cinéaste sud-coréen Park Chan-wook, doit départager vingt-deux films en compétition pour l’une des récompenses les plus convoitées du septième art, la Palme d’or. D’ores et déjà, un prix d’interprétation masculine a été décerné ex aequo aux jeunes Emmanuel Macchia et Valentin Campagne pour « Coward » de Lukas Dhont, tandis qu’une Palme d’or d’honneur salue, par un message vidéo, la carrière de Barbra Streisand.
Cette année, la course à la Palme est jugée particulièrement ouverte. De l’avis général de la critique, l’édition n’a pas été un grand millésime : Hollywood a largement boudé la Croisette, et nombre de sélections ont peiné à susciter l’enthousiasme. Le manque d’éclat a été souligné aussi bien par la presse anglo-saxonne que par les médias européens, qui parlent d’un « buzz » intermittent. Pourtant, cet étiage a libéré un espace pour des cinématographies moins dominantes. Les faveurs des observateurs se sont portées sur des œuvres aussi diverses que l’ambitieuse fresque queer « La Bola negra », le « Minotaure » du Russe en exil Andreï Zviaguintsev, ou encore « Paper Tiger » de l’Américain James Gray, que le quotidien français Le Figaro tenait pour son favori personnel. Un panel éclectique qui donne au jury une latitude inédite.
La dimension politique s’est invitée avec une acuité particulière. Depuis le Canada, Radio-Canada a relevé que le jury pourrait envoyer un signal fort en primant Zviaguintsev, dont le « Minotaure » porte un message antiguerre explicite, dans un contexte de conflit ukrainien. Cet enjeu résonne avec l’histoire du festival, souvent caisse de résonance des tensions internationales. En Afrique francophone et en Belgique, la présence au sein du jury de l’acteur Isaach De Bankolé et de la réalisatrice Laura Wandel rappelle l’attention portée aux cinémas de la diversité. De son côté, la presse italienne a détaillé la liste des personnalités appelées à remettre les prix – de Tilda Swinton à Geena Davis en passant par Xavier Dolan –, soulignant la volonté de Cannes de faire rayonner un cinéma mondial, au-delà des superproductions américaines.
Au terme d’une quinzaine sans triomphe écrasant, le verdict du jury sera scruté comme un indice de la direction prise par le cinéma d’auteur. La sélection 2026 a mis en lumière des œuvres qui, pour beaucoup, refusent les formats standardisés et interrogent les fractures du monde contemporain. Le palmarès de ce soir pourrait ainsi consacrer un film qui fera date, non par sa puissance commerciale, mais par sa capacité à refléter les tourments de l’époque. C’est aussi ce que le public francophone, de Montréal à Bruxelles en passant par Alger, attend d’une Palme d’or.
| Presse européenne continentale | −0.20 | neutral |
|---|---|---|
| Presse du Golfe arabe | −0.50 | critical |
| Presse atlantique / anglosphère | −0.40 | critical |
The 2026 Cannes edition ends with an unusually subdued atmosphere and an uncertain verdict. The French press highlights the lack of a clear frontrunner and does not spare sharp critiques, mixing praise with cutting judgments on the competing films. The mood is one of anticipation mixed with skepticism, feeling that this year lacks the usual excitement.
The Cannes festival wraps up with an open race for the Palme d'Or, but the edition has been disappointing according to Gulf media. Hollywood was largely absent and many films failed to impress critics, generating a lack of global buzz. The event is portrayed as lacking a clear frontrunner and having few memorable moments.
The Atlantic press describes Cannes 2026 as a year of disappointments, with film quality generally below expectations. Critics, while acknowledging a few noteworthy titles, emphasize a prevalence of mediocre works and a lack of excitement. The edition is seen as a lackluster pause, with few films likely to make a mark in the awards season.
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