
Catastrophe climatique au Daghestan : la justice russe enquête sur des négligences officielles
Plus de cinq cents personnes, dont cent soixante-cinq enfants, demeurent hébergées dans des centres d’accueil temporaire au Daghestan, un mois après les pluies diluviennes qui ont submergé la région fin mars et début avril. Alors que les eaux se sont retirées des habitations et des jardins potagers, l’État russe déploie une double réponse : d’un côté, les secours achèvent la décontamination des bâtiments et la remise en service des réseaux d’eau et de gaz dans quatre localités ; de l’autre, une enquête pénale a été ouverte pour excès de pouvoir et négligence, visant des fonctionnaires de l’administration de Makhatchkala et des organismes régionaux. Des perquisitions ont été menées au ministère des Ressources naturelles et à l’organisme de gestion des eaux, le Dagmelivodkhoz, dont les agents sont soupçonnés d’avoir, entre 2009 et 2026, validé des constructions illégales ou mal entretenu les infrastructures hydrauliques.
Cette judiciarisation rapide, typique du système russe lorsqu’une crise frappe une république du Caucase, contraste avec les pratiques observées dans d’autres zones climatiques. En Afrique francophone, par exemple, les inondations sahéliennes donnent rarement lieu à des poursuites pénales directes, faute de moyens ou de volonté politique, tandis qu’en Belgique, la gestion des crues de 2021 a déclenché des audits parlementaires plus que des sanctions judiciaires. La singularité du cas daghestanais tient aussi à l’intervention personnelle de Vladimir Poutine, qui a ordonné le 21 avril d’indemniser les sinistrés même si leurs maisons n’étaient pas dûment enregistrées – une mesure qui reconnaît tacitement la prévalence de l’urbanisme informel dans la région.
Derrière l’urgence humanitaire, c’est la fragilité des infrastructures et la gouvernance locale qui se trouvent exposées. Les dégâts, aggravés par l’envasement des canaux d’irrigation et l’imperméabilisation des sols due à une construction anarchique, rappellent que le Caucase du Nord, à l’instar de certaines provinces québécoises confrontées à la montée des eaux, doit repenser son urbanisme face à l’intensification des précipitations. L’enquête en cours pourrait déboucher sur des réformes, mais les analystes russes soulignent que, sans un désenclavement politique des administrations locales et un investissement massif dans le réseau hydraulique, la prochaine mousson risque de reproduire le même scénario.
Élargis ton regard
Iran et Oman finalisent un accord temporaire sur le détroit d’Ormuz, Washington sous pression
4 langues · 30 sources
Depuis Economy & MarketsProvisionnement en hausse : les banques émergentes entre expansion du crédit et dégradation des actifs
2 langues · 6 sources
Depuis TechnologyMoscou encadre les SMS d'authentification des SIM d'enfants, sans interdire les réseaux sociaux
1 langue · 13 sources