
Colapinto réveille l'Argentine à Miami tandis que McLaren défie l'hégémonie de Mercedes
Le grand week-end de la Formule 1 à Miami, après une pause forcée de cinq semaines due à l’escalade du conflit au Moyen-Orient et à l’annulation des Grands Prix de Bahreïn et d’Arabie saoudite, a livré son premier enseignement majeur : la hiérarchie des essais et des qualifications sprint annonce un renversement de tendance. Lando Norris, sur sa McLaren, a signé la pole position de la course sprint, devançant de deux dixièmes le champion du monde en titre Kimi Antonelli (Mercedes) et son coéquipier Oscar Piastri. Mais l’éclat le plus retentissant est venu d’Argentine : Franco Colapinto, au volant de son Alpine, a décroché la huitième place sur la grille de départ du sprint, égalant sa meilleure performance en catégorie reine et, surtout, reléguant derrière lui son coéquipier Pierre Gasly ainsi que le Red Bull d’Isack Hadjar. Ce résultat, confirmé dans une séance de qualification serrée, a suscité une onde d’enthousiasme bien au-delà des paddocks européens.
Du côté de Buenos Aires, l’attente populaire est immense. Colapinto, bénéficiant d’un soutien massif après un rassemblement historique de quelque 600 000 personnes en Argentine, a su capitaliser sur le travail effectué dans les ateliers d’Enstone pendant la trêve. Flavio Briatore, le directeur d’Alpine, n’a pas caché son émotion en publiant une photo d’un abrazo chaleureux avec le pilote, saluant un « super travail ». Ce regain de forme, après des débuts difficiles, montre que l’équipe française a trouvé une direction technique prometteuse, même si son pilote belge ou canadien n’a pas encore confirmé.
En Europe, l’attention se porte désormais sur l’équilibre des forces en présence. La domination sans partage de Mercedes lors des trois premiers rendez-vous de la saison — victoires en Australie, en Chine et au Japon — semble vaciller face aux évolutions apportées par McLaren à sa monoplace. La Scuderia Ferrari, après une séance d’essais libres dominée par Charles Leclerc, n’a pu que placer ses deux voitures en quatrième et septième positions, laissant planer le doute sur sa capacité à suivre le rythme des meilleures. En Allemagne, les observateurs notent que le retour à une régulation plus permissive du stockage d’énergie a redonné du plaisir de pilotage aux champions, mais que la frustration gagne du terrain : Lance Stroll a publiquement critiqué un manque de « plaisir pur » sur la piste, tandis que Sergio Pérez, relégué au dix-neuvième rang avec son Cadillac, a déploré que la discipline soit devenue « moins amusante qu’avant ».
Pour les amateurs latino-américains, ce week-end à Miami oppose deux trajectoires : celle, ascendante, du jeune Argentin qui a égalé son meilleur départ en catégorie reine — un chrono de 1'29''320 lors de la SQ3 — et celle, plus laborieuse, du Mexicain qui lutte pour hisser son écurie américaine dans le peloton de tête. Il faudra aussi compter avec Nicolás Varrone, autre Argentin en F2, qui s’est élancé de la cinquième place sur la grille inversée, confirmant l’émergence d’une relève prometteuse pour le continent.
Les perspectives pour le reste du week-end sont claires : la course sprint de ce samedi offrira à Colapinto une occasion réelle de marquer ses premiers points avec Alpine, lui qui part tout juste de la zone de récompense (les huit premiers). Dans le même temps, le duel entre Norris et Antonelli pour la tête du championnat pourrait rebattre les cartes, alors que la saison reprend son souffle après cette parenthèse géopolitique. La capacité des équipes à maintenir leur rythme de développement, entre les contraintes techniques et les tensions internationales, déterminera qui, de l’Europe ou des Amériques, imposera son tempo sur ce circuit urbain floridien. Un message clair : la F1 n’a pas perdu son âme, mais elle cherche encore le chemin d’une compétition équilibrée.
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