
Dans l’ombre du triomphe de Spider‑Man, une fronde culturelle s’organise
Alors que le dernier volet de la saga pulvérise les records au box‑office mondial, une campagne de boycott menée par des mouvements anti‑normalisation gagne plusieurs pays arabes et occidentaux.
Sur les réseaux sociaux, un mot d’ordre circule, relayé des milliers de fois : ne pas acheter de billet pour Spider‑Man: Brand New Day. La campagne, d’abord portée par des publications éparses, s’est muée en une mobilisation structurée, notamment en Jordanie, au Liban et en Tunisie, mais aussi aux États‑Unis et en Europe. La journaliste et cinéaste palestinienne Bisan Owda a appelé ses abonnés à boycotter le film, dénonçant la participation du producteur israélien Avi Arad, dont les prises de position en faveur du gouvernement Netanyahou sont documentées par les militants.
L’appel ne vise ni les acteurs ni le contenu artistique du long‑métrage, mais la seule présence d’Avi Arad parmi les producteurs. Pour les organisateurs, chaque ticket acheté contribue aux recettes d’un homme qu’ils accusent de soutenir ouvertement « l’entité sioniste ». La logique est celle d’une pression économique et culturelle : faire du box‑office un levier de contestation, à l’image des campagnes de boycott académique et commercial qui ont précédé. Au Liban, des militants ont établi un lien direct entre la nationalité du producteur et le refus de projeter des œuvres auxquelles participent des Israéliens.
Cette fronde se déploie alors que le film, porté par Tom Holland et Zendaya, connaît un succès historique. Dès son premier week‑end d’exploitation nord‑américaine, du 31 juillet au 2 août, il a engrangé 360 millions de dollars, effaçant le record détenu par Avengers: Endgame (357,7 millions). En une semaine, il est devenu le premier long‑métrage à franchir le demi‑milliard de dollars sur le sol américain, et le deuxième à atteindre le milliard de recettes mondiales le plus rapidement après Endgame. Les projections pour le deuxième week‑end laissent entrevoir 135 à 140 millions de dollars supplémentaires, dopées par l’arrivée du film sur les écrans IMAX, jusqu’alors occupés par L’Odyssée de Christopher Nolan.
L’Odyssée, justement, vient elle aussi de dépasser le milliard de dollars de recettes mondiales, une première pour un film de Nolan depuis The Dark Knight Rises en 2012. Avec 429,6 millions de dollars aux États‑Unis et 578,8 millions à l’international, cette adaptation d’Homère, tournée intégralement en pellicule IMAX pour un budget de 250 millions, s’impose comme le cinquième blockbuster à franchir ce seuil en 2026, aux côtés de Spider‑Man, Toy Story 5, Michael et Super Mario Galaxy Movie. Dans les salles, les deux mastodontes se partagent l’affiche, reléguant les nouveautés – une comédie romantique, un film d’animation, une suite de Super Troopers et un thriller d’horreur non classifié – à des scores modestes.
Au cœur de ce raz‑de‑marée commercial, la contestation rappelle que le cinéma n’échappe plus aux débats politiques. Les militants pro‑palestiniens, en Europe comme dans le monde arabe, voient dans l’abstention un acte de solidarité, une manière de « faire passer un message économique par le guichet ». Et pendant que les chiffres du box‑office s’affolent, une image persiste : celle d’un simple ticket de cinéma devenu, pour certains, un bulletin de vote.
| Presse européenne continentale | +0.30 | aligned |
|---|---|---|
| Presse arabe Levant-Maghreb | −0.80 | critical |
| Presse atlantique / anglosphère | +0.80 | aligned |
| Presse russe et CEI | +0.40 | aligned |
Nous célébrons le côté humain et féerique des stars : le mariage secret est la vraie histoire que le public veut suivre, loin des chiffres et des polémiques.
On construit un récit de conte de fées privé, utilisant des détails exclusifs et des noms d'invités célèbres pour détourner l'attention des enjeux commerciaux et politiques.
Il passe totalement sous silence les records au box-office et la campagne de boycott, qui réduiraient le potin à un épisode secondaire.
Nous refusons de séparer l'art de la politique : ceux qui financent l'occupation ne doivent pas profiter de notre argent. La mobilisation populaire est le seul langage que les puissants comprennent.
Le boycott est universalisé comme un devoir moral, reliant un film à une chaîne de responsabilité politique et appelant le public à devenir acteur de la lutte.
Il ne mentionne pas les recettes records du film, car le succès commercial affaiblirait l'idée que la campagne atteint réellement sa cible.
Nous assistons à un succès extraordinaire qui prouve la santé du cinéma commercial : les chiffres parlent d'eux-mêmes et la qualité du film tient la route.
On met l'accent sur les chiffres records et les déclarations officielles pour créer un climat de triomphe inévitable, transformant l'analyse de marché en récit épique.
Il ignore la campagne de boycott contre le producteur, qui pourrait introduire une variable politique gênante dans le récit du pur succès commercial.
Nous enregistrons le fait économique : le cinéma de Nolan continue de fonctionner à l'échelle mondiale, et les chiffres confirment sa force.
La statistique froide et la comparaison avec les records précédents sont utilisées pour légitimer le succès comme donnée objective, sans besoin d'adjectifs.
Il ignore le boycott et le mariage des stars, réduisant la nouvelle au pur rendement commercial.
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