
Flottille pour Gaza : Israël libère la plupart des militants mais garde deux leaders, provoquant une tempête diplomatique
L’interception par la marine israélienne, dans la nuit du 29 au 30 avril, de la « Global Sumud Flotilla » au large de la Crète a débouché vendredi sur un débarquement contraint de 173 militants, majoritairement européens, sur l’île grecque. Mais deux figures de la mission, l’Hispanopalestinien Saïf Abou Kechk et le Brésilien Thiago Ávila, ont été emmenés en Israël pour y être interrogés, suscitant une vive réaction diplomatique. Les activistes, qui tentaient de forcer le blocus naval de Gaza, dénoncent des violences et des « quarante heures de cruauté calculée » à bord du navire israélien.
Cette nouvelle flottille, partie de Barcelone le 12 avril, s’inscrit dans une série de tentatives de briser un blocus que les Nations unies considèrent comme illégal et qui aggrave la catastrophe humanitaire dans l’enclave palestinienne. Des dizaines de bateaux battant pavillon italien, espagnol ou grec ont été arraisonnés en eaux internationales, loin des côtes israéliennes. L’opération a été qualifiée d’« acte de piraterie » par les organisateurs, tandis que le gouvernement israélien la réduit à un « coup de communication ».
Les capitales européennes ont réagi avec une fermeté inégale. Madrid a parlé de « nouvelle violation du droit international » et exige la libération de son ressortissant, que le président Pedro Sánchez dit « kidnappé illégalement par le gouvernement Netanyahu ». Rome, où une plainte a été déposée pour « séquestration aggravée », demande le séquestre préventif du navire de guerre israélien. Berlin et le Quai d’Orsay ont exprimé leur « grande préoccupation », tandis qu’Athènes a joué les intermédiaires pour le débarquement des militants. Dans les médias francophones du Maghreb et du Canada, l’affaire ravive les critiques sur le double standard des puissances occidentales face au droit humanitaire.
Au cœur de la controverse, Saïf Abou Kechk, coordinateur de la flottille et fondateur du Congrès palestinien pour les Palestiniens de l’étranger (PCPA), que Washington et Tel-Aviv assimilent à une façade du Hamas. Les avocats de la flottille dénoncent un enlèvement arbitraire et des conditions de détention inhumaines, évoquant des fractures et des tirs de balles en caoutchouc. L’avenir de ces missions humanitaires, déjà entravées par la guerre, reste incertain : les organisateurs promettent de repartir « encore plus nombreux », tandis que les procédures judiciaires engagées en Italie pourraient créer un précédent juridique sur la légalité des interceptions en haute mer.
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