
L’enquête du FBI contre une journaliste révèle les fissures de l’État de droit américain
Le FBI enquête sur la journaliste du *Atlantic* Sarah Fitzpatrick après ses révélations sur l’alcoolisme présumé de son directeur, Kash Patel. Une dérive autoritaire ?
L’onde de choc parcourt les rédactions américaines et au-delà : le FBI, sous la direction de Kash Patel, a officieusement ouvert une enquête criminelle pour fuites visant la journaliste Sarah Fitzpatrick, auteure d’un article retentissant sur les excès alcooliques présumés du directeur du Bureau. Selon des informations confidentielles rapportées par la chaîne MS NOW, l’enquête porterait non sur les fonctionnaires ayant divulgué des informations, mais sur la journaliste elle-même — une première dans une affaire de ce type. Le Bureau a nié l’existence de cette procédure, mais la simple rumeur suffit à ébranler les fondements même du premier amendement.
Ce n’est pas le seul signe d’une dérive. Toujours selon *The Atlantic*, Patel aurait distribué des bouteilles de bourbon personnalisées à son effigie, décorées du sceau du FBI, offertes lors d’événements publics ou d’enchères en ligne. Un geste interprété comme une tentative de cultiver un culte de la personnalité, à mille lieues de la discrétion des prédécesseurs de Patel. Parallèlement, l’ancien directeur James Comey a été inculpé pour des messages postés sur Instagram — une affaire que des juristes de l’ère Obama jugent prématurée mais que la droite américaine salue comme une revanche tardive. Aux États-Unis, l’opposition et les défenseurs de la presse dénoncent une instrumentalisation du ministère de la Justice et du Bureau fédéral pour étouffer toute critique du pouvoir. En Europe, à Bruxelles comme à Paris, ces révélations confirment les craintes d’un affaiblissement des garde-fous institutionnels américains, avec des conséquences potentielles pour les partenaires transatlantiques qui comptaient sur l’exemple américain en matière d’État de droit. Au Canada et en Afrique francophone, les observateurs s’inquiètent d’un précédent qui pourrait être invoqué par des régimes autoritaires pour justifier leurs propres entraves à la liberté de la presse.
La mécanique est désormais enclenchée : Patel, qui a déjà intenté une action en diffamation de 250 millions de dollars contre *The Atlantic*, utilise les outils répressifs de l’État pour intimider une journaliste. L’issue de cette affaire déterminera si les contre-pouvoirs américains résistent encore à l’épreuve du trumpisme ou si l’ère de l’impunité institutionnelle s’ouvre définitivement.
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