
Espagne et Allemagne : une résistance inattendue face aux vents géopolitiques
Alors que les effets de la guerre en Iran continuent de peser sur les chaînes d’approvisionnement et les prix de l’énergie, les économies espagnole et allemande ont toutes deux surpris par leur résilience au premier trimestre. Madrid affiche une croissance trimestrielle de 0,6 %, soit à peine deux dixièmes de moins que le trimestre précédent, dépassant les prévisions les plus pessimistes de l’Autorité indépendante de responsabilité fiscale espagnole, qui tablait sur 0,3 %. Berlin, de son côté, enregistre une hausse de 0,3 % du PIB, là où les économistes attendaient 0,2 %. Ces chiffres, publiés quasi simultanément, trahissent une dynamique différente au sein de la zone euro et soulèvent des questions sur la durabilité de cette croissance dans un contexte internationale toujours plus incertain.
Du côté ibérique, le ralentissement est modéré mais révélateur. Si la consommation des ménages et l’emploi tiennent encore, la chute brutale de l’investissement des entreprises — freiné par les incertitudes commerciales et la hausse des coûts — constitue un signal d’alarme. Les conditions météorologiques défavorables des deux premiers mois ont également affecté le tourisme, secteur clé de l’économie espagnole. Pourtant, la productivité a permis d’amortir le choc, comme le souligne l’Institut national de la statistique. L’Espagne continue de bénéficier d’un marché du travail dynamique et d’une demande intérieure soutenue, mais la confiance des acteurs économiques semble s’éroder.
Outre-Rhin, le tableau est à la fois stable et fragile. La croissance allemande repose avant tout sur la consommation publique et privée, ainsi que sur une légère progression des exportations. Le Produit intérieur brut a augmenté de 0,5 % sur un an, corrigé des variations calendaires. Mais les prix montent, et l’inflation, nourrie par les tensions géopolitiques, menace de rogner le pouvoir d’achat des ménages dès le deuxième trimestre. Les économistes européens, de Francfort à Bruxelles, s’interrogent : ce rebond est-il le signe d’une véritable résistance ou le simple contrecoup d’une fin d’année 2025 plus faible que prévu ?
Au-delà des deux grandes économies, la zone euro dans son ensemble observe avec attention ces indicateurs. La France, dont les chiffres ne sont pas encore tombés, pourrait subir un effet de contagion via le commerce intra-européen. Les chaînes de valeur, déjà perturbées par le conflit iranien, sont sous tension. Les perspectives pour les prochains mois restent sombres : la guerre au Moyen-Orient n’a pas fini de se répercuter sur les factures énergétiques, et les banques centrales, prudentes, ne semblent pas prêtes à assouplir leur politique monétaire. L’Espagne et l’Allemagne ont montré qu’elles savaient résister à l’orage, mais l’horizon, lui, ne s’éclaircit guère.
Élargis ton regard
Washington révoque le visa de l’ambassadrice du Brésil, Brasilia dénonce une ingérence électorale
3 langues · 43 sources
Depuis Economy & MarketsLa guerre au Proche-Orient propulse les bénéfices des majors pétrolières à des sommets
2 langues · 21 sources
Depuis TechnologyUn étage de fusée Falcon 9 de SpaceX s'écrase sur la Lune, confirmé par plusieurs observatoires
5 langues · 29 sources