
Face au virus Ebola Bundibugyo sans vaccin, la riposte s’enlise en RDC
Avec plus de 650 cas confirmés et 129 morts, l’épidémie progresse dans l’Est congolais et en Ouganda, freinée par la défiance populaire et les pénuries de réactifs dans les laboratoires.
La flambée épidémique de fièvre hémorragique Ebola a désormais dépassé les 635 cas confirmés en République démocratique du Congo (RDC) et 19 en Ouganda, pour un bilan total de 129 décès, selon les ministères de la santé des deux pays. Les analyses en laboratoire ont confirmé que l’agent pathogène responsable appartient à la souche Bundibugyo, une variante particulièrement agressive du virus contre laquelle il n’existe, à ce jour, ni traitement antiviral spécifique ni vaccin commercialement approuvé. Face à cette menace, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a révisé son évaluation des risques, classant la RDC en zone « très élevée » et les pays voisins, dont l’Ouganda, en « haut risque », tandis que le reste de l’Afrique et le monde demeurent en risque faible – un contraste qui souligne la virulence de cette souche rare.
Sur le terrain, la riposte est entravée par une conjonction de facteurs structurels. Le traçage des contacts, pilier de la stratégie de confinement, n’a atteint que 56 % des quelque 5 700 personnes identifiées en RDC, bien en deçà de la cible de 95 % préconisée par l’OMS. Parallèlement, trois laboratoires clés – à Bukavu, Lwiro (Sud-Kivu) et Goma (Nord-Kivu) – ont dû interrompre les tests de dépistage faute de réactifs, retardant diagnostics et prises en charge. La province de l’Ituri, qui concentre l’essentiel des nouveaux cas, voit ses structures sanitaires, déjà précaires, soumises à une pression intenable.
À ces obstacles logistiques s’ajoute une vague de désinformation qui mine la coopération des communautés. Des vidéos virales affirment que l’épidémie n’existe pas, tandis que d’autres voix accusent les autorités d’instrumentaliser la crise pour capter des aides internationales. Certains attribuent les décès à la sorcellerie, un écho aux dénis observés lors de la pandémie de Covid-19 et de l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest en 2014-2016. Cette défiance sape l’adhésion aux mesures sanitaires et complique le déploiement d’une éventuelle vaccination, d’autant plus hypothétique qu’aucun candidat-vaccin n’est encore prêt pour cette souche.
La crise revêt une dimension particulière pour le monde francophone. La RDC, géant d’Afrique centrale lié historiquement à la Belgique et aux réseaux de recherche comme l’Institut Pasteur, renoue avec un fléau récurrent, mais l’absence d’outils adaptés à la souche Bundibugyo change la donne. Le développement accéléré de contre-mesures, la sécurisation des chaînes d’approvisionnement en réactifs et le rétablissement de la confiance par une communication transparente sont des urgences absolues. Sans une mobilisation internationale coordonnée, l’épidémie risque de s’enraciner dans la région des Grands Lacs, menaçant des équilibres sanitaires et politiques fragiles.
| Presse africaine subsaharienne | −0.40 | critical |
|---|---|---|
| Presse latino-américaine | −0.70 | critical |
Les laboratoires Ebola en RDC sont à l’arrêt faute de réactifs, accumulant des échantillons non traités. L’OMS reste muette sur les livraisons, soulevant des doutes sur la gestion de l’épidémie.
L’OMS émet une alerte critique sur l’épidémie d’Ebola en RDC, avec 598 cas et 115 décès. La souche Bundibugyo, très agressive, ne dispose d’aucun vaccin, augmentant le risque mondial.
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