
Guerre en Iran : Washington presse Pékin d'agir sur le détroit d'Ormuz avant le sommet Trump-Xi
Les États-Unis affirment contrôler le détroit d'Ormuz et exhortent la Chine à user de sa diplomatie pour rouvrir la voie maritime, en amont du sommet bilatéral de mai.
À l’approche du sommet tant attendu entre Donald Trump et Xi Jinping, prévu les 14 et 15 mai à Pékin, le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a haussé le ton sur le dossier iranien. Dans un entretien à Fox News, il a affirmé que les États-Unis exercent un « contrôle absolu » sur le détroit d’Ormuz, tout en lançant un appel pressant à la Chine : qu’elle use de son influence sur Téhéran pour rouvrir cette artère cruciale du commerce mondial. « La Chine achète 90 % de l’énergie iranienne, elle finance ainsi le premier État sponsor du terrorisme », a-t-il martelé, liant explicitement la question énergétique à la sécurité internationale.
Cette déclaration intervient alors que le conflit américano-israélien contre l’Iran, déclenché fin février, a provoqué le blocage du détroit par les pasdarans. Pékin, de son côté, observe avec une prudence calculée. Selon des sources proches du gouvernement chinois, la guerre au Moyen-Orient renforce en réalité la position de négociation de Xi Jinping face à Trump. La Chine, qui importe une part significative de son pétrole via Ormuz, voit dans cette crise une occasion de consolider ses avancées stratégiques – dans les énergies renouvelables comme dans l’industrie d’armement – tout en évitant de s’aligner trop ouvertement sur Washington.
Les analystes américains estiment que Pékin pourrait tirer parti de cette situation pour obtenir des concessions sur les chaînes d’approvisionnement technologiques ou le dossier taïwanais. Le sommet de mai, premier déplacement de Trump en Chine depuis près d’une décennie, s’annonce donc comme un test de la relation bilatérale, marquée par des sanctions et contre-sanctions réciproques. La trêve commerciale esquissée à Busan en octobre dernier sera au menu, mais le sort du détroit d’Ormuz pourrait en être l’enjeu principal.
Du côté européen, la pression monte aussi. La fermeture du détroit perturbe les approvisionnements énergétiques de plusieurs États membres, tandis que la France et la Belgique voient dans cette crise une confirmation de leur dépendance aux routes maritimes. Les pays francophones d’Afrique, gros importateurs de pétrole, redoutent une flambée des prix. Reste à savoir si les appels de Bessent suffiront à faire bouger une Chine qui, jusqu’ici, préfère capitaliser sur les faiblesses américaines plutôt que de céder à l’injonction.
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