
Incendie au sol d’un Airbus de Turkish Airlines à Katmandou : une évacuation réussie ravive les inquiétudes sur la sécurité aérienne népalaise
Un avion de Turkish Airlines a pris feu à l’atterrissage à Katmandou. Les 288 occupants ont évacué sans blessure, mais l’incident relance les débats sur les défis des aéroports himalayens.
Lundi matin, un Airbus A330 de Turkish Airlines, vol TK726 en provenance d’Istanbul, a vu son train d’atterrissage droit s’enflammer au moment de se poser sur la piste unique de l’aéroport international Tribhuvan de Katmandou. Les flammes, rapidement maîtrisées par les services de secours, ont contraint les 277 passagers et 11 membres d’équipage à évacuer l’appareil par les toboggans de secours. Aucun blessé n’est à déplorer, mais l’incident a paralysé le principal aéroport népalais pendant près de deux heures, provoquant des retards en cascade pour les vols à destination et au départ de la capitale himalayenne.
Si l’efficacité de l’évacuation a été saluée, cet événement rappelle les fragilités persistantes de l’aviation civile népalaise, régulièrement épinglée pour ses conditions d’exploitation difficiles. Le Népal, dont le relief montagneux et la météo capricieuse compliquent chaque phase du vol, a connu plusieurs accidents mortels ces dernières années, notamment en 2023 avec le crash d’un appareil de Yeti Airlines à Pokhara. Les autorités locales ont engagé un plan de modernisation – installation de radars, amélioration des systèmes de surveillance météorologique – mais la vétusté de certaines infrastructures et la formation encore inégale des personnels suscitent des réserves chez les professionnels du secteur.
De ce côté-ci de l’Himalaya, l’incident intervient dans un contexte où la desserte de Katmandou connaît une forte croissance, portée par l’essor du tourisme et la diaspora népalaise. Les compagnies européennes – Turkish Airlines en tête, mais aussi les opérateurs francophones comme Air France ou Brussels Airlines via des accords de partage de codes – multiplient les rotations. Pour ces transporteurs, la sécurité des aéroports de destination est un enjeu stratégique : un incident grave à l’atterrissage pourrait nuire à leur réputation et inciter les assureurs à revoir leurs primes. En Afrique francophone, où plusieurs aéroports présentent des défis similaires (pistes courtes, relief, turbulence thermique), l’épisode est suivi avec attention, car il illustre les limites des progrès techniques face à des contraintes géographiques immuables.
Au-delà du soulagement immédiat, cet incident devrait renforcer la pression des autorités de l’aviation civile internationale (OACI) sur Katmandou pour qu’elle accélère ses réformes. L’enquête ouverte par le Népal, en coordination avec les experts turcs, devra déterminer si le feu de pneu résulte d’une défaillance technique, d’un défaut de maintenance ou d’une anomalie de la piste. Quoi qu’il en soit, la fermeture temporaire de l’aéroport a démontré sa vulnérabilité : sans voie de dégagement ou piste secondaire, tout incident immobilise la totalité du trafic. Pour un pays enclavé et dépendant du transport aérien, l’urgence d’investir dans une deuxième piste à Tribhuvan – ou de développer l’aéroport en construction à Nijgadh – n’a jamais été aussi criante.
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