
Incendie d'une batterie externe à bord d'un IndiGo : l'évacuation précipitée relance le débat sur la sécurité aérienne
Un feu de batterie externe à bord d'un vol IndiGo à Chandigarh a provoqué l'évacuation de 198 passagers. Six blessés. Un incident qui interroge les normes mondiales.
L'alerte a été donnée alors que l'Airbus A321 du vol 6E-108, en provenance d'Hyderabad, venait tout juste de se garer sur le tarmac de l'aéroport de Chandigarh, mardi 5 mai. Un passager assis au siège 39C a signalé un dégagement de fumée provenant de sa batterie externe, rangée dans la pochette du siège. En quelques minutes, la cabine s'est emplie d'une épaisse fumée, contraignant l'équipage à actionner les toboggans d'évacuation et à ordonner la sortie immédiate des 198 voyageurs et six membres d'équipage. Six personnes ont été légèrement blessées dans la précipitation, selon les autorités aéroportuaires, tandis qu'IndiGo ne fait état que d'un seul blessé. L'incident, bien que maîtrisé sans perte humaine, soulève une fois de plus la question de la sécurité des appareils électroniques personnels à bord des avions.
En Inde, où le transport aérien connaît une croissance fulgurante, la Direction générale de l'aviation civile (DGCA) a immédiatement ouvert une enquête. Les batteries au lithium, omniprésentes dans les power banks et les ordinateurs portables, sont déjà soumises à des restrictions strictes dans l'aviation internationale. L'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) les classe comme marchandises dangereuses, interdisant leur transport en soute et limitant leur puissance à 100 wattheures en cabine. Mais cet incident rappelle que même respectées, ces normes n'éliminent pas le risque de combustion spontanée, surtout lorsque les dispositifs sont soumis à des variations de pression et de température.
Du point de vue européen, l'Agence de l'Union européenne pour la sécurité aérienne (AESA) a renforcé, depuis 2020, les tests de résistance des batteries et exigé des compagnies qu'elles forment leurs équipages à la gestion des feux de lithium. En France, la Direction générale de l'aviation civile (DGAC) impose la présence d'extincteurs spécifiques, capables de neutraliser ces feux sans propager les flammes. Pourtant, des voix s'élèvent, notamment au Canada et en Belgique, pour réclamer une interdiction totale des power banks en cabine, au motif que les procédures d'urgence restent trop lentes face à la propagation d'un incendie de lithium. Les syndicats de personnels navigants québécois plaident pour des compartiments étanches dédiés au stockage des batteries.
En Afrique francophone, où les compagnies low-cost se multiplient, cet incident résonne particulièrement. Les aéroports comme ceux de Dakar ou Abidjan, qui accueillent des flux croissants de voyageurs, n'ont pas toujours les infrastructures pour gérer des évacuations complexes. La sécurité des batteries devient un enjeu de souveraineté réglementaire : appliquer les normes internationales sans disposer des moyens de contrôle adéquats expose à des risques accrus. À l'avenir, une harmonisation mondiale des règles, couplée à une meilleure information des passagers, semble inévitable. Les compagnies, elles, devront repenser la conception des sièges et la formation des équipages pour faire face à ce danger moderne, discret mais potentiellement dévastateur.
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