
Inde : la flambée des prix du GPL et du carburant avion ébranle l’économie et le transport aérien
La guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran a provoqué une onde de choc énergétique sans précédent en Asie du Sud. Le gouvernement indien a annoncé une hausse de 993 roupies du prix de la bouteille de GPL commercial, le faisant passer à plus de 3 000 roupies dans les grandes métropoles. Simultanément, Air India a réduit près d’une centaine de vols internationaux jusqu’en juillet, invoquant le quadruplement du prix du carburant aviation et la fermeture du détroit d’Ormuz qui oblige à des détours coûteux. Cette double annonce illustre l’ampleur des pressions qui s’exercent sur un pays dépendant à 60 % de ses importations de gaz de pétrole liquéfié.
Au-delà des frontières indiennes, la crise se propage à toute la région. Dans les Émirats arabes unis, les compagnies aériennes prévoient une nouvelle flambée des tarifs pour les expatriés indiens du Golfe, tandis que des réductions de fréquences sont redoutées pour les liaisons les plus prisées. En Australie, le baril de Tapis atteint des records de guerre et le gouvernement fédéral envisage de prolonger la baisse de la taxe sur les carburants au-delà du 30 juin. Aux États-Unis, la Réserve fédérale, profondément divisée, a renoncé à orienter sa politique monétaire vers une baisse des taux, l’inflation repartant à la hausse sous l’effet du choc pétrolier.
Sur le plan intérieur indien, cette hausse suscite une vive controverse politique. L’opposition, menée par le Parti communiste indien et le Congrès, dénonce une « facture électorale » imposée juste après les scrutins régionaux. À Mumbai, les petits restaurateurs et les vendeurs de rue, comme ceux de vada pav, augmentent leurs prix ou réduisent leurs menus, craignant de perdre une clientèle déjà fragilisée par l’inflation. Le gouvernement, lui, maintient que les prix des carburants domestiques restent gelés et que les ménages ne sont pas directement touchés, mais les retombées sur le coût de la vie sont immédiates.
L’avenir immédiat s’annonce sombre. La fermeture prolongée du détroit d’Ormuz, conjuguée à l’échec des pourparlers de paix, maintient les cours du brut au-dessus de 114 dollars le baril. New Delhi explore des mesures inédites : Air India envisage de rendre les repas optionnels pour réduire le prix des billets, tandis que les compagnies publiques tentent d’endiguer la contrebande de GPL subventionné. Alors que les élections générales approchent, la capacité du gouvernement à amortir le choc sans sacrifier les classes populaires sera déterminante pour la stabilité politique du sous-continent.
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