
Italie : le soupçon de terrorisme s’invite dans une école primaire de Modène
Des enfants chantent des slogans pro-Palestine en présence d’un militant visé par une enquête antiterroriste. La droite s’indigne et le ministère diligente une inspection.
Révélée par la presse italienne, l’affaire a éclaté début juin : près de 180 enfants d’écoles élémentaires et maternelles de Modène, en Émilie-Romagne, ont participé à une rencontre éducative durant laquelle ils ont entonné des slogans pro-palestiniens « Free Palestine ». Parmi les intervenants se trouvaient Wael Dahdouh, correspondant d’Al Jazeera à Gaza, et surtout Sulaiman Hijazi, présenté comme le bras droit de Mohammad Hannoun — ce dernier incarcéré depuis décembre pour ses liens présumés avec le Hamas — et lui-même visé par une enquête pour terrorisme. Le maire de Modène, Massimo Mezzetti, du Parti démocrate, assistait à l’événement.
L’onde de choc politique n’a pas tardé. Le centre droit italien, emmené par le sénateur Michele Barcaiuolo (Frères d’Italie), a dénoncé un « fait incompréhensible » et réclamé des sanctions contre les responsables. « Les enfants ne doivent pas être instrumentalisés pour véhiculer des messages politiques ou idéologiques », a-t-il martelé, exigeant que l’hymne national italien soit privilégié dans les écoles. Face à la polémique, le ministre de l’Éducation Giuseppe Valditara a envoyé des inspecteurs sur place, rappelant que « l’école n’est pas un lieu d’endoctrinement ».
Cette controverse intervient dans un climat sécuritaire tendu en Italie, marqué par l’attentat du 16 mai en plein cœur de Modène et par plusieurs enquêtes judiciaires sur des réseaux de financement du terrorisme, notamment à Gênes. Au-delà des Alpes, le cas résonne avec les débats européens sur la laïcité scolaire : en France, de telles pratiques auraient sans doute enfreint le principe de neutralité, tandis qu’au Canada et en Belgique, les initiatives d’éducation à la paix sont souvent encadrées avec prudence pour éviter toute récupération partisane.
Pour la presse de la péninsule, qui consacre éditoriaux et commentaires, l’enjeu dépasse le simple incident local. « À cet âge, on apprend les fondamentaux, pas l’endoctrinement », écrit un chroniqueur du Resto del Carlino, fustigeant le choix des organisateurs quels que soient les points de vue sur le conflit israélo-palestinien. La présence d’un militant sous le coup d’une enquête antiterroriste achève de transformer ce qui aurait pu être un simple exercice de sensibilisation en une faute institutionnelle aux yeux de nombreux observateurs.
Désormais, l’examen du parquet de Gênes pèse sur les suites de l’affaire : le sort judiciaire de Hijazi déterminera si les polémiques politiques étaient fondées ou excessives. Pour la majorité municipale de gauche, déjà fragilisée, la gestion de ce dossier pourrait laisser des traces, tandis que le débat sur l’introduction de contenus géopolitiques dans les écoles est relancé. Une question demeure : comment concilier éducation à la citoyenneté mondiale et protection de l’enfance face aux risques d’instrumentalisation ?
| Presse européenne continentale | −0.75 | critical |
|---|---|---|
| Presse latino-américaine | −0.40 | critical |
| Presse iranienne et apparentée | −0.90 | critical |
La droite et le ministère de l'Éducation lancent l'alerte sur une manifestation dans une école primaire où des enfants ont scandé des slogans pro-palestiniens en présence d'un homme mis en examen pour terrorisme. Ils exigent une rigueur maximale, la suspension des responsables et affirment que l'école ne doit pas être un lieu d'endoctrinement. Des inspecteurs sont envoyés, la prudence étant de mise après l'attentat de mai à Modène.
Les médias progressistes latino-américains présentent l'affaire de Modène comme une criminalisation de la solidarité palestinienne et une répression de la dissidence. Ils dénoncent l'usage instrumental de l'accusation de terrorisme pour réduire au silence les voix critiques, et célèbrent les chants des enfants comme un geste spontané de résistance contre l'oppression.
Les médias du régime iranien exploitent l'affaire de Modène comme preuve de la soumission de l'Europe aux diktats sionistes, présentant l'enquête visant l'activiste comme une persécution politique et les chants des enfants comme un cri de conscience contre l'injustice. Ils dénoncent l'hypocrisie occidentale en reliant l'épisode à la longue histoire de la résistance palestinienne.
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