
L’Europe demande à Ankara des certificats d’origine pour le gaz, révèle le ministre turc de l’Énergie
Alparslan Bayraktar a confirmé que les Européens veulent s’assurer que le gaz transitant par la Turquie n’est pas russe, une exigence qui se heurte à l’impossibilité technique de tracer l’origine du gaz dans les pipelines.
Les partenaires européens ont formellement demandé à la Turquie de fournir des certificats d’origine pour le gaz naturel qu’elle leur livre, a déclaré le ministre turc de l’Énergie, Alparslan Bayraktar, dans un entretien à la chaîne AHaber. L’objectif est de garantir que ce gaz ne provient pas de Russie. Or, comme l’a souligné le ministre, une fois le gaz injecté dans un gazoduc, son origine devient impossible à déterminer. « Si ce gaz devient l’objet d’un commerce et que la transaction est formalisée juridiquement, nous sommes obligés de documenter le pays d’origine », a-t-il expliqué, mettant en lumière une contradiction pratique.
Cette exigence s’inscrit dans le calendrier de sortie du gaz russe adopté par l’Union européenne, qui prévoit l’abandon complet du gaz naturel liquéfié (GNL) russe au 1er janvier 2027 et du gaz acheminé par gazoduc au 30 septembre 2027. La demande de certificats vise à empêcher que du gaz russe ne soit mélangé à d’autres sources dans les infrastructures turques et réexporté vers l’Europe. Mais la nature fongible du gaz dans les réseaux de transport rend cette traçabilité techniquement illusoire, comme l’a reconnu le ministre turc.
Le refus européen du gaz russe a placé les pays de l’UE dans une situation énergétique difficile, a estimé M. Bayraktar, évoquant des « difficultés économiques et infrastructurelles ». La Turquie, qui importe principalement son gaz de Russie, d’Azerbaïdjan et d’Iran, a quant à elle sécurisé ses approvisionnements grâce aux gazoducs TurkStream et Blue Stream, dont le ministre a rappelé le caractère stratégique. Ankara, qui ne compte pas cesser ses achats de gaz russe, a parallèlement diversifié ses sources en signant des contrats de long terme pour du GNL avec des entreprises américaines et françaises, dont un accord sur vingt ans avec Mercuria pour un volume total équivalent à 70 milliards de mètres cubes.
La Commission européenne maintient son cap vers un embargo total sur les ressources énergétiques russes, a réaffirmé sa porte-parole Anna-Kaisa Itkonen le 4 août, malgré les tensions sur les marchés. Des prévisions évoquent un risque de stock insuffisant de gaz dans l’UE à l’approche de l’hiver, en raison de la concurrence asiatique pour le GNL et des vagues de chaleur. La prochaine échéance à surveiller est la date butoir du 1er janvier 2027 pour le GNL russe, qui testera la capacité de l’Europe à se passer de ces volumes tout en gérant la complexité des flux transitant par la Turquie.
| Presse russe et CEI | −0.50 | critical |
|---|---|---|
| Presse européenne continentale | +0.10 | neutral |
| Presse arabe Levant-Maghreb | −0.40 | critical |
La Turquie démasque l'hypocrisie européenne : on veut le gaz mais sans la Russie, une exigence impossible.
Il inverse la charge de la preuve : comme l'origine du gaz ne peut être vérifiée, la demande européenne paraît absurde, et le rôle de la Turquie comme hub fiable est naturalisé.
Elle omet l'échéance de 2027 sur l'élimination du GNL russe, qui inscrirait la demande dans une stratégie européenne cohérente.
L'Europe exige des garanties documentaires pour exclure le gaz russe et poursuit résolument son désengagement d'ici 2027.
Elle présente la demande comme une vérification administrative ordinaire, sans discuter sa faisabilité, et la relie à une échéance claire qui légitime la stratégie.
Elle ne mentionne pas l'objection turque selon laquelle l'origine du gaz ne peut être déterminée une fois entré dans un réseau mixte.
L'Europe s'est trompée : le refus du gaz russe l'a affaiblie, tandis que la Turquie a investi dans les bonnes infrastructures.
Il transforme le jugement d'un ministre turc en leçon géopolitique, opposant la vulnérabilité européenne à la solidité turque construite avec la Russie.
Il ne cite pas le plan européen d'éliminer le GNL russe d'ici 2027, qui expliquerait la demande comme une stratégie à long terme.
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