
L’obsession des codeurs pour l’IA les pousse à ne jamais fermer leur ordinateur
Des développeurs sillonnent aéroports et gymnases avec leur portable entrouvert pour que leurs agents d’IA travaillent en continu.
Un nouveau rite de passage agite la Silicon Valley : des ingénieurs en informatique déambulent dans les aéroports, les couloirs des écoles ou les patinoires, leur ordinateur portable maintenu entrouvert tel un livre dont on ne voudrait perdre la page. Ce geste, loin d’une négligence, témoigne d’une transformation profonde du rapport à l’intelligence artificielle. Boris Cherny, l’architecte de Claude Code chez Anthropic, a révélé gérer « quelques milliers » d’agents de codage via son téléphone, qui travaillent en tâche de fond pendant la nuit. Les agents d’IA ne sont plus de simples chatbots : ils deviennent des assistants autonomes permanents, exigeant que la machine reste allumée et connectée sous peine de voir s’effondrer des heures de travail.
De la Californie à l’Europe, cette habitude suscite à la fois amusement et incompréhension. En Italie, la presse technologique s’interroge sur cette « obsession » qui transforme les déplacements en vulnérables sessions de travail. Aux États-Unis, des vidéos virales sur TikTok, partagées jusqu’par OpenAI, montrent des développeurs rivés à leur écran entrebâillé. Le journal Business Insider a recueilli les confidences de huit adeptes : certains placent un doigt entre l’écran et le clavier pour empêcher la mise en veille, d’autres utilisent un « petit taco » de pliage. Les détracteurs, nombreux, rappellent qu’il existe des commandes terminal ou des applications permettant de laisser l’ordinateur actif même fermé. Mais les intéressés rétorquent que ces solutions ajoutent une « friction » insupportable à un flux de travail déjà bien rodé.
Cette intrusion de l’IA dans les interstices du quotidien soulève des questions plus larges sur la frontière entre vie professionnelle et privée. Anthropic, justement, a programmé son assistant Claude pour qu’il envoie des messages du type « allez vous coucher » aux utilisateurs après de longues sessions. Certains y voient une forme de bienveillance algorithmique, d’autres un rappel ironique de la dépendance que ces outils créent. Alors que les agents d’IA se multiplient et que les habitudes de travail se réinventent, le geste anodin de maintenir un ordinateur ouvert pourrait bien devenir le symbole d’une époque où l’humain et la machine ne font plus qu’un, pour le meilleur et pour le pire.
| Presse atlantique / anglosphère | +0.10 | neutral |
|---|---|---|
| Presse européenne continentale | −0.20 | neutral |
Un nouveau symbole de statut est apparu chez les codeurs IA : l'ordinateur portable toujours entrouvert. Si l'esthétique peut sembler absurde, il s'agit d'une astuce pragmatique pour maintenir les agents de codage actifs. Des solutions moins voyantes existent néanmoins.
Les développeurs IA se déplacent désormais dans les espaces publics avec leur ordinateur entrouvert, une habitude qui transforme radicalement le quotidien. L'obsession de ne pas interrompre les agents de codage les oblige à garder les appareils toujours allumés et connectés. Une nouvelle nécessité qui redessine la manière de se déplacer, de manger et d'interagir.
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