
L'ordre prédateur : Amnesty International dénonce la dérive autoritaire des grandes puissances en 2025
Amnesty International dresse le sombre constat d’un nouvel ordre international, qualifié de « prédateur », où les grands États bafouent sciemment le droit international pour imposer leur domination. Dans son rapport annuel présenté à Londres, l’organisation, par la voix de sa secrétaire générale Agnès Callamard, identifie une stratégie délibérée menée par les administrations de Donald Trump, Vladimir Poutine et Benyamin Netanyahou. Celles-ci substitueraient la guerre à la diplomatie et privilégieraient la répression, les homicides extrajudiciaires et une violence à grande échelle pour asseoir leur puissance économique et politique, selon l’analyse du rapport.
Cette vision, largement partagée dans les capitales européennes, résonne comme un diagnostic accablant sur l’état du multilatéralisme. À Bruxelles et Paris, on observe avec inquiétude comment les cadres institués au sortir de la Seconde Guerre mondiale et de l'Holocauste sont systématiquement sapés. Pour les diplomates de l’Union européenne, cette dynamique représente un défi existentiel, érodant non seulement les mécanismes de protection des droits humains mais aussi la sécurité collective du continent, prise en étau entre les ambitions russes et les revirements américains.
La perspective francophone, du Canada à l’Afrique, ajoute une dimension cruciale à cette analyse. À Ottawa, où l’on défend traditionnellement un ordre international fondé sur des règles, l’essor d’un tel « système conscient et organisé » de prédation étatique sonne comme un avertissement. En Afrique francophone, notamment dans les pays du Sahel en proie à une instabilité chronique, les actions de ces puissances prédateures sont perçues comme des facteurs d’aggravation des conflits et d’affaiblissement des souverainetés locales, où leurs interventions déstabilisent davantage qu’elles n’apaisent.
L’avenir, selon l’analyse portée par Amnesty International, dépendra de la capacité des sociétés civiles et des États attachés au droit à résister à cette normalisation de la violence d’État. L’appel lancé depuis Londres pour bâtir un système alternatif rencontre un écho particulier en Europe, où la défense de l’État de droit devient une ligne de front géopolitique. Toutefois, sans une réaffirmation collective et une volonté politique ferme, le monde risque de s’enfoncer dans une ère où la loi du plus fort remplacera définitivement le droit des peuples, une régression que le rapport documente avec une rigueur alarmante.
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