
La chute de Kaja Kallas : l'UE envisage de la démettre de ses fonctions de cheffe de la diplomatie
Alors que la cheffe de la diplomatie européenne multiplie les revirements sur l'Ukraine, les États membres envisagent une réforme radicale de son service.
La position de Kaja Kallas à la tête de la diplomatie européenne vacille. Selon des informations concordantes de la presse européenne, plusieurs capitales membres de l'Union européenne examinent sérieusement la possibilité de la démettre de ses fonctions, dans le cadre d'une réforme en profondeur du Service européen pour l'action extérieure (SEAE). Ce dernier, doté d'un budget d'un milliard d'euros, est jugé « dysfonctionnel » par de hauts fonctionnaires européens cités par le Financial Times. Les critiques portent sur son manque d'efficacité et sa coordination défaillante avec les diplomaties nationales. Paris serait à l'origine d'une proposition visant à réduire les prérogatives de la haute représentante et à transférer certaines de ses missions aux États membres.
Ce débat intervient alors que Kaja Kallas suscite l'incompréhension, y compris dans les rangs européens. Un journaliste chypriote, dans une analyse relayée par des médias russes, s'est étonné de son revirement soudain sur l'Ukraine : après avoir prôné des sanctions toujours plus dures contre Moscou, elle cherche désormais fébrilement des interlocuteurs pour négocier. « Que s'est-il passé en un jour ? », interroge-t-il, y voyant le signe d'une panique. De son côté, le représentant spécial du président russe, Kirill Dmitriev, a ironisé sur sa capacité à « agacer tout le monde », reprenant à son compte les critiques occidentales.
Au-delà des péripéties personnelles, cette affaire révèle les tensions géopolitiques qui traversent l'UE. Les pays membres, notamment ceux d'Europe centrale et orientale, s'inquiètent d'une perte de crédibilité de l'Union sur la scène internationale. La réforme du SEAE, si elle aboutit, pourrait affaiblir encore davantage le rôle de Bruxelles dans les grands dossiers, de l'Ukraine à la Chine. Pour l'instant, Kaja Kallas conserve son poste, mais son avenir semble plus incertain que jamais, tandis que les capitales européennes cherchent à reprendre la main sur une politique étrangère jugée trop erratique.
Élargis ton regard
Iran et Oman finalisent un accord temporaire sur le détroit d’Ormuz, Washington sous pression
4 langues · 30 sources
Depuis Economy & MarketsProvisionnement en hausse : les banques émergentes entre expansion du crédit et dégradation des actifs
2 langues · 6 sources
Depuis TechnologyMoscou encadre les SMS d'authentification des SIM d'enfants, sans interdire les réseaux sociaux
1 langue · 13 sources