
La flambée des coûts de santé pousse des millions de familles à s’endetter en Asie et en Amérique latine
De l’Indonésie au Bangladesh en passant par la Colombie, l’inflation médicale et la chute de l’aide internationale aggravent la pression financière sur les ménages les plus modestes.
En Indonésie, l’inflation médicale devrait atteindre 17,8 % en 2026, très loin devant l’inflation générale de 2,5 %, selon un rapport de Mercer Marsh Benefits. La situation n’est pas isolée. Au Bangladesh, une épidémie de rougeole a contraint neuf familles sur dix à s’endetter pour payer les soins, avec une dépense moyenne de 16 000 takas par foyer, révèle une enquête menée auprès de 2 746 familles par la Croix-Rouge bangladaise et la Fédération internationale. La plupart de ces ménages, qui travaillent dans le secteur informel, déclarent un revenu mensuel compris entre 6 000 et 20 000 takas.
Plusieurs facteurs se conjuguent. En Indonésie, la dépréciation de la roupie renchérit les médicaments importés, tandis que l’adoption de technologies médicales avancées et la hausse de la demande post-pandémie pèsent sur les coûts. Les inefficacités, comme la fraude, pourraient représenter jusqu’à 5 % du ratio de sinistralité, estime l’Indonesia Anti-Fraud Forum. Aux États-Unis, les salaires du personnel des cabinets médicaux ont grimpé de 15 à 30 % en cinq ans – une assistante médicale gagne désormais 47 440 dollars par an, selon la Medical Group Management Association – dans un contexte de pénurie de médecins. Au niveau mondial, l’aide au développement pour la santé s’effondre : les États-Unis ont réduit de 67 % leur assistance étrangère en 2025, suivis par le Royaume-Uni (−39 %), la France (−35 %) et l’Allemagne (−12 %), indique l’OCDE.
Les conséquences sont sévères pour les ménages comme pour les systèmes de santé. En Colombie, un déficit d’au moins 10 000 milliards de pesos a conduit l’État à intervenir dans de grands assureurs, interventions que la Cour constitutionnelle a ensuite annulées pour violation du droit à une procédure régulière. La crise a érodé la confiance, le président Petro ayant qualifié le système de « l’un des pires au monde ». En Indonésie, les remboursements d’assurance maladie ont augmenté de 9,2 % en 2025 pour atteindre 26 800 milliards de roupies, mettant les assureurs sous tension. Parallèlement, la Banque mondiale constate que les dépenses publiques de santé par habitant dans les pays à revenu faible ou intermédiaire ne représentent que la moitié des minima requis, et que l’écart avec les pays riches a plus que triplé depuis 2000.
Face à cette pression, des voix appellent à mieux dépenser plutôt qu’à dépenser davantage. En Inde, une commission parlementaire a relevé que seuls deux tiers du budget de la mission phare d’infrastructure sanitaire ont été exécutés en 2024-2025, et à peine 26 % des fonds alloués aux programmes de lutte contre les maladies. La London School of Hygiene & Tropical Medicine estime que l’Inde consacre moins d’un quart de ses dépenses publiques de santé à la prévention. Au Bangladesh, un professeur de l’Université de Dacca plaide pour la création d’un fonds national de santé afin de protéger les plus démunis des coûts catastrophiques. L’enjeu, souligne la Banque mondiale, est d’exécuter intégralement les budgets alloués et de les orienter vers des soins primaires et préventifs, seuls à même de contenir durablement la hausse des dépenses.
| Presse indienne et sud-asiatique | −0.70 | critical |
|---|---|---|
| Presse atlantique / anglosphère | 0.00 | neutral |
| Presse latino-américaine | +0.30 | aligned |
Hajera et d'innombrables autres ne sont pas des statistiques ; ce sont des victimes d'un État qui promet des soins gratuits mais les pousse dans l'endettement pour une maladie qui ne devrait pas exister. Le système doit être tenu responsable.
En personnalisant la ruine financière d'une mère célibataire (Hajera) contrainte d'emprunter 70 000 takas pour traiter la rougeole, le récit rend un échec systémique abstrait tangible et moralement urgent.
Le bloc omet toute discussion sur les efforts gouvernementaux pour subventionner les soins ou les investissements de santé publique à long terme qui ont réduit la mortalité due à la rougeole dans le monde, se concentrant uniquement sur les coûts catastrophiques immédiats pour critiquer l'adéquation du système.
La hausse du coût d'emploi du personnel médical est un défi commercial que les cabinets doivent gérer grâce à l'efficacité et aux ajustements des remboursements. C'est une question d'offre et de demande, pas un échec moral.
En présentant la flambée des coûts de personnel comme une réponse neutre du marché à l'offre et à la demande, le récit évite toute critique des motifs de profit systémiques ou de l'impact sur les coûts pour les patients.
Le bloc omet toute mention de l'inflation parallèle des primes d'assurance médicale ou des dépenses directes des patients, se concentrant uniquement sur le côté des coûts d'entrée du point de vue du prestataire. Cette omission évite de relier les coûts de main-d'œuvre à l'inflation médicale qui nuit aux ménages.
Le système de santé est brisé, mais il y a des signes d'espoir : des opérateurs qui mettent la prévention en premier et gèrent les coûts localement peuvent rendre la couverture à nouveau accessible. Les patients ont été maltraités par l'État, et le marché peut offrir une meilleure voie s'il reste fidèle à ces principes.
Le récit oppose une innovation prometteuse du secteur privé (le modèle préventif de Novamed) à une critique systémique du mauvais traitement des patients, créant une tension qui sous-entend que le marché peut réparer ce que l'État ne peut pas, sans prendre explicitement parti.
Le bloc omet tout examen détaillé de la rentabilité et de l'accessibilité des plans de Novamed — s'ils réduisent réellement les dépenses directes des familles à faible revenu. L'article critique se concentre sur les échecs du gouvernement, permettant implicitement au modèle privé de rester incontesté.
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