
La guerre en Iran ébranle le transport aérien : pénurie de kérosène et flambée des prix
La décision de Lufthansa de supprimer vingt mille vols court-courrier jusqu’en octobre constitue le signe le plus tangible d’une crise qui gagne l’ensemble du transport aérien mondial. Le groupe allemand, premier transporteur européen, entend ainsi économiser quarante mille tonnes de kérosène, dont le prix a doublé depuis le début du conflit. Cette mesure, qui vise avant tout les liaisons régionales opérées par sa filiale CityLine, frappe des destinations en Pologne, en Norvège ou en Slovénie, et contraint les passagers à un transit par des hubs comme Zurich, Vienne ou Bruxelles. La compagnie précise que d’autres annulations suivront, sans que le calendrier exact soit encore arrêté.
Au-delà du cas allemand, l’ensemble du Vieux Continent se trouve sous pression. L’Agence internationale de l’énergie a prévenu que les réserves européennes de kérosène pourraient n’atteindre que six semaines de consommation. Bruxelles, tout en minimisant pour l’instant le risque de pénurie, a reconnu la gravité de la situation et promis des lignes directrices pour la compensation des passagers. Le commissaire européen à l’énergie, Dan Jorgensen, a jugé « très probable » que les vacances d’été soient perturbées, soit par des annulations, soit par une envolée des tarifs. La dépendance de l’Europe vis-à-vis du Moyen-Orient pour son approvisionnement en jet fuel – près de la moitié des importations transitent par le détroit d’Ormuz – rend la région particulièrement vulnérable à tout blocage prolongé.
De l’autre côté de l’Atlantique, les compagnies américaines ne sont pas épargnées. United Airlines a annoncé qu’elle pourrait augmenter ses prix de 15 à 20 % pour répercuter intégralement la hausse du carburant. Son directeur général, Scott Kirby, a décrit une volatilité inédite et a prévenu que les tarifs resteraient élevés aussi longtemps que la guerre se poursuivrait. Si les États-Unis ne connaissent pas de risque immédiat de rupture d’approvisionnement, la flambée mondiale des prix pèse lourdement sur leurs marges, les contraignant à réduire les vols les moins profitables et à alourdir les frais accessoires.
Face à ce panorama, les compagnies low cost tentent de rassurer, mais admettent une grande incertitude. Ryanair a garanti ses vols jusqu’à la fin mai, mais son directeur général, Michael O’Leary, a reconnu que personne ne pouvait prévoir la situation au-delà. Wizz Air, plus optimiste, évoque des réserves suffisantes jusqu’en 2027, un discours qui contraste avec les mesures drastiques de Lufthansa. L’Italie, où le groupe allemand détient désormais ITA Airways, redoute des suppressions de postes en cascade si le conflit s’enlise. L’avenir immédiat du transport aérien se joue dans les semaines à venir : si le blocus d’Ormuz se prolonge, l’Europe devra faire face à un rationnement du kérosène, et les voyageurs, à une saison estivale marquée par la cherté et l’incertitude.
Élargis ton regard
Le Sénat américain adopte un vaste train de sanctions contre la Russie, le sort du texte incertain à la Chambre
2 langues · 36 sources
Depuis Economy & MarketsProvisionnement en hausse : les banques émergentes entre expansion du crédit et dégradation des actifs
2 langues · 6 sources
Depuis TechnologyMoscou encadre les SMS d'authentification des SIM d'enfants, sans interdire les réseaux sociaux
1 langue · 13 sources