
La Moldavie tourne le dos à Moscou : une sortie programmée de la CEI pour 2027
La République de Moldavie a officialisé son retrait de la Communauté des États indépendants (CEI), une décision qui prendra pleinement effet le 8 avril 2027. Cette démarche, annoncée par le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, Mihai Popșoi, suit la dénonciation formelle du statut fondateur de l'organisation et la notification adressée à son secrétariat, basé à Minsk. Pour les autorités de Chișinău, cette sortie, actée par le Parlement et la présidente Maia Sandu, constitue l'aboutissement logique d'un désengagement progressif et scelle une réorientation stratégique irréversible vers l'Union européenne.
À Moscou, la réaction officielle, transmise par le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, se limite à un laconique « regret ». Cette froideur diplomatique masque mal l'échec symbolique que représente ce départ pour la sphère d'influence russe. La Moldavie deviendra ainsi le troisième État, après la Géorgie en 2008 et l'Ukraine en 2018, à quitter cette structure héritée de l'effondrement de l'URSS. Les analystes en Europe de l'Est y voient un nouvel effet de contagion géopolitique, accéléré par la guerre en Ukraine, qui pousse les anciens satellites à clarifier leur alignement.
Le processus de détachement était déjà bien engagé, comme le soulignent les observateurs à Chișinău, qui notent que le pays ne participait plus aux activités de la CEI depuis des années. Cette sortie formelle parachève un vaste chantier juridique, avec la dénonciation de près de soixante-dix accords bilatéraux dans le cadre de l'organisation. Pour la classe politique moldave pro-européenne, il s'agit d'extirper les derniers vestiges institutionnels de la dépendance à Moscou et d'aligner le cadre légal sur les ambitions d'intégration à l'UE, dont les négociations d'adhésion ont été ouvertes.
Cette décision résonne particulièrement dans l'espace francophone, où elle est perçue comme un indicateur des recompositions en cours aux marches de l'Europe. En Belgique et en France, les chancelleries suivent avec attention cette consolidation du flanc oriental, tandis qu'au Québec et en Afrique francophone, les spécialistes des relations internationales y décèlent un affaiblissement structurel des instruments de la diplomatie russe multilatérale. La Moldavie, petit État souvent décrit comme un terrain d'affrontement par procuration, assume ainsi un choix souverain aux conséquences régionales majeures.
À l'horizon 2027, la sortie effective de la CEI ne sera probablement qu'une formalité juridique, tant le divorce est déjà consommé dans les faits. L'enjeu désormais est de savoir comment Moscou gérera cette nouvelle défection dans son « étranger proche ». Les scénarios vont d'une pression économique accrue sur Chișinău à une tentative de instrumentalisation de la région séparatiste de la Transnistrie, où stationnent toujours des troupes russes. Pour l'Union européenne, le défi consistera à accompagner et sécuriser cette transition, en consolidant un État vulnérable dont le destin est désormais inextricablement lié au projet européen.
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