
La Russie durcit sa politique intérieure et militaire face à l'Occident
La Douma a adopté en urgence une série de mesures qui témoignent d'une double stratégie de consolidation intérieure et de projection de force. Le gouvernement s'est vu accorder la possibilité d'augmenter sans limite les dépenses budgétaires par l'emprunt interne, une décision justifiée par la nécessité d'éviter une crise budgétaire. Simultanément, les frais de sortie de la citoyenneté russe ont été multipliés par douze, passant de 4 200 à 50 000 roubles, tandis que les droits pour l'obtention du passeport russe ont également bondi. Ces hausses, les plus importantes parmi les services migratoires, visent à décourager les départs et à renforcer le contrôle sur les flux humains, dans un contexte où des centaines de milliers de Russes ont quitté le pays depuis le début du conflit ukrainien.
Sur le plan militaire, la Russie accélère la construction de nouvelles bases le long de ses frontières avec les pays de l'OTAN, notamment les États baltes, la Norvège et la Finlande. Selon des images satellites analysées par des médias scandinaves, ces infrastructures pourraient accueillir jusqu'à 115 000 soldats une fois le conflit ukrainien terminé. Les services de renseignement occidentaux y voient une préparation à une confrontation avec les pays baltes, tandis que Moscou justifie ces déploiements par la nécessité de répondre à l'élargissement de l'Alliance. Parallèlement, le ministère de la Défense a confirmé la nomination du général-colonel Alexandre Tchaïko à la tête des forces aérospatiales russes, en remplacement de Viktor Afzalov. Tchaïko, qui a commandé le groupement de forces responsable de la prise d'Avdiïvka, incarne la nouvelle génération de commandants aguerris par la guerre en Ukraine.
Ces décisions, prises dans un calendrier resserré, dessinent les contours d'une Russie qui se prépare à un affrontement prolongé avec l'Occident. L'augmentation des frais de citoyenneté et la flexibilité budgétaire accordée au gouvernement reflètent une volonté de verrouiller le système politique et économique face aux sanctions. En Europe, ces mesures sont perçues comme une escalade, tandis que les pays nordiques renforcent leur propre dispositif de défense. La nomination de Tchaïko, un officier expérimenté, suggère que Moscou mise sur la continuité opérationnelle et l'expertise acquise sur le terrain ukrainien. À terme, la combinaison d'une politique intérieure répressive et d'un renforcement militaire aux frontières de l'OTAN risque d'accroître les tensions, sans pour autant modifier l'équilibre stratégique régional.
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