
Le Brésil, premier pôle d’attraction des investissements chinois en 2025
Avec 6,1 milliards de dollars, le Brésil capte 10,9 % des capitaux chinois sortants, devançant les États-Unis. Une croissance de 45 % qui contraste avec la chute globale en Amérique latine.
L’année 2025 marque un tournant dans la géographie des flux financiers chinois : le Brésil s’impose comme la première destination mondiale des investissements directs de Pékin, avec un total de 6,1 milliards de dollars, soit une hausse de 45 % par rapport à 2024. Jamais depuis 2017 un tel montant n’avait été enregistré, et l’écart avec les autres pays est significatif : le Brésil absorbe à lui seul 10,9 % des capitaux chinois déployés à l’étranger, contre 6,8 % pour les États-Unis, relégués au second rang. Ce bond repose sur trois secteurs clés : l’énergie électrique, qui représente 1,79 milliard de dollars, la mobilité électrique avec l’implantation de deux usines automobiles chinoises, et l’exploitation minière, dont les investissements ont triplé, portés par l’or, le nickel et le cuivre.
Les entreprises chinoises, de la construction de centrales aux géants de la livraison, sont désormais présentes dans vingt États brésiliens, consolidant une tendance ininterrompue depuis 2021. Pourtant, ce succès brésilien contraste avec la tendance générale en Amérique latine et dans les Caraïbes. Selon le Monitor de la OFDI chinoise dans la région, les investissements chinois y ont chuté de plus de 50 % par rapport à leur pic de 2019, atteignant à peine 8,7 milliards de dollars en 2025, soit un recul de 55 % en six ans.
Ce paradoxe s’explique par une concentration géographique accrue : le Brésil capte désormais la part du lion, tandis que d’autres nations comme l’Indonésie ou le Kazakhstan, pourtant en tête des classements précédents, voient leur part s’éroder. Du point de vue européen, cette poussée chinoise au Brésil interroge. Bruxelles observe avec attention une stratégie qui double celle de Washington dans l’hémisphère Sud, alors que les relations transatlantiques se tendent sur les chaînes d’approvisionnement critiques.
Pour la francophonie d’Afrique et du Canada, le cas brésilien illustre une voie possible : celle d’un partenariat Sud-Sud où la Chine finance des infrastructures et des industries extractives en échange d’un accès privilégié aux matières premières stratégiques. Mais les experts mettent en garde : si le nombre de transactions est stable, leur valeur unitaire diminue, signalant un recentrage vers des projets plus modestes et moins risqués. L’avenir dira si cette vague d’investissements annonce une intégration durable ou une simple opération de repli tactique face aux sanctions occidentales.
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