
Le chef de l'armée ougandaise fait taire NTV et le Daily Monitor
La fermeture des principaux médias indépendants ougandais par le général Muhoozi Kainerugaba fait écho aux défis judiciaires auxquels sont confrontés les journalistes ghanéens.
Dans la nuit du 27 au 28 juin, le général Muhoozi Kainerugaba, chef d'état-major de l'armée ougandaise et fils du président Yoweri Museveni, a ordonné la fermeture des locaux du groupe Nation Media Group (NMG) à Kampala. Des soldats ont été déployés, bloquant les entrées, tandis que les diffusions de la chaîne NTV Uganda et de Spark TV étaient interrompues et la publication du Daily Monitor suspendue. Sur le réseau social X, le général a déclaré : « Je ne crois pas à une presse libre ! La presse doit être guidée par les cadres de la révolution. » Il a revendiqué détenir depuis 2017 le pouvoir de fermer tout média, pouvoir qu'il affirme avoir reçu de son père.
Selon des organisations ougandaises de défense de la presse, cette opération fait suite à des enquêtes et reportages critiques envers les cercles dirigeants. L'Association nationale des radiodiffuseurs ougandais s'est dite « profondément préoccupée » par les conséquences sur l'écosystème médiatique. Des analystes de la région des Grands Lacs rappellent que le président Museveni, 81 ans, a prêté serment en janvier pour un septième mandat et que son fils, connu pour ses déclarations provocatrices, est présenté comme son successeur potentiel. Ce raid n'est pas sans précédent : en 2013, le Daily Monitor avait été fermé pendant dix jours après avoir publié une lettre sur un projet de succession, et en 2007, NTV avait été forcée de suspendre ses émissions pour sa couverture jugée négative.
Au Ghana, la liberté de la presse est également mise à l'épreuve, selon l'Association des journalistes ghanéens (GJA). Sa branche régionale du Centre a condamné l'agression présumée d'un producteur de la radio Obaatanpa à Kasoa et la fermeture temporaire de la station, incidents dans lesquels des responsables locaux du Congrès national démocratique (NDC) seraient impliqués. La GJA appelle la police à mener une enquête impartiale et rappelle l'article 162 de la Constitution ghanéenne, qui garantit l'indépendance éditoriale. Au niveau national, le secrétaire général Dominic Hlordze alerte sur la multiplication des poursuites en diffamation : plus de quinze affaires seraient en cours, selon lui, créant un fardeau financier dissuasif qui entrave le journalisme d'investigation.
Le cas du journaliste Larry Dogbey, rédacteur en chef du quotidien The Herald, condamné le 25 juin à sept jours de prison pour outrage à la cour par la Haute Cour d'Accra, illustre ces tensions. Des sources judiciaires ouest-africaines indiquent que les tribunaux peinent à concilier protection de la réputation et liberté d'informer. À Kampala, le groupe NMG se dit sous « siège militaire » et le général Muhoozi a prévenu que les médias visés ne rouvriront pas sans son autorisation personnelle. Le gouvernement ougandais n'a pas encore fourni de justification légale officielle. Au niveau international, Reporters sans frontières et d'autres organisations devraient suivre de près ces développements, alors que le débat sur les limites du droit de la presse s'intensifie sur le continent.
| Presse atlantique / anglosphère | −0.70 | critical |
|---|---|---|
| Presse africaine subsaharienne | −0.20 | neutral |
Uganda's leadership has openly declared war on press freedom, shutting down major outlets and mocking the very idea of a free media. This is not a local issue but a global threat to democratic values.
By framing the event as a universal assault on democracy, the bloc makes it resonate with Western audiences and justifies international concern.
The bloc omits any discussion of the local political context or grievances that might have led to the closure, such as alleged media bias or national security concerns.
The Ugandan authorities have moved to shut down major media houses, citing a need to control information. The move is controversial but reflects ongoing tensions between the government and the press.
By presenting the event as one of many political maneuvers in the region, the bloc normalizes it and avoids a universal moral frame, making it seem less exceptional.
The bloc omits the explicit statement by the commander rejecting free press, possibly to downplay the ideological dimension.
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