
La guerre américaine en Iran plonge l’Allemagne dans un choc fiscal de 87,5 milliards d’euros
Berlin réduit ses prévisions de recettes fiscales de 87,5 milliards d’euros d’ici 2030, attribuant la crise à la politique iranienne de Trump.
L’onde de choc venue de Téhéran ébranle les finances publiques allemandes. Le ministère fédéral des Finances a annoncé une révision en berne des recettes fiscales pour les cinq années à venir : près de 87,5 milliards d’euros d’entrées manqueront à l’appel par rapport aux projections d’octobre. Pour la seule année 2026, le manque à gagner atteint 17,8 milliards, dont 11 milliards imputables à une conjoncture affaiblie par le conflit iranien. Le ministre social-démocrate Lars Klingbeil n’a pas ménagé ses mots : il a dénoncé une « guerre irresponsable » menée par la Maison-Blanche, qui provoque un « choc énergétique mondial » et frappe de plein fouet une économie allemande déjà convalescente.
Ce séisme budgétaire ne concerne pas seulement Berlin. Dans toute l’Europe, la flambée des prix de l’énergie consécutive à l’extension des hostilités au Moyen-Orient menace la reprise. Les pays de la zone euro, déjà aux prises avec des règles budgétaires strictes, voient leurs marges de manœuvre se réduire. Pour les économies africaines francophones, grandes importantes de pétrole, la hausse des cours alourdit leurs balances commerciales et compromet leurs programmes d’ajustement. Du côté canadien, si Ottawa profite de l’envolée des hydrocarbures, l’instabilité mondiale freine les investissements et trouble les échanges avec l’Union européenne.
Face à cette dégradation, le débat allemand s’engage sur une refonte en profondeur du système fiscal. Plusieurs voix, y compris au sein de la coalition noire-rouge, plaident pour une révolution – abandon de l’impôt sur le revenu au profit d’une taxation de la consommation – afin de relancer l’investissement. Mais le contexte politique se tend : la percée de l’AfD dans les sondages, qui dépasse désormais l’Union, révèle une défiance croissante envers la capacité du gouvernement à gérer la crise. Sans un tournant décisif, le choc iranien pourrait creuser non seulement les déficits, mais aussi le fossé entre les élites et une population lasse des hausses d’impôts.
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