
LIV Golf perd son financement saoudien : la fin d'une bulle sportive et géopolitique
Le coup de grâce est tombé jeudi : le Fonds d'investissement public saoudien (PIF) a confirmé qu'il cessera de financer LIV Golf à l'issue de la saison 2026, après y avoir englouti entre cinq et sept milliards de dollars. Depuis son lancement en 2021, la ligue dissidente avait bâti son modèle sur une manne sans limite, offrant des contrats mirifiques pour débaucher les stars du PGA Tour – Bryson DeChambeau, Jon Rahm, Phil Mickelson. Mais Riyad, confronté aux fragilités d'une économie rentière et à des priorités géopolitiques changeantes – guerre au Moyen-Orient, diversification accélérée – a jugé que ce luxe n'était plus soutenable. Le gouverneur du PIF, Yasir Al-Rumayyan, qui présidait LIV, a remis sa démission. Un signal sans ambiguïté : la vitrine sportive du royaume se referme.
De Washington, les observateurs notent que le PGA Tour, longtemps bousculé, attend son heure. Son directeur général, Brian Rolapp, a déjà prévenu que le chemin du retour pour les transfuges serait semé d'obstacles – amendes lourdes, suspensions, quotas limités. Brooks Koepka, qui a sauté le pas dès 2025 en utilisant une clause de réintégration, pourrait faire figure de précurseur. Mais la plupart des joueurs, notamment européens comme Tyrrell Hatton ou le Français Victor Perez – engagés sur le circuit DP World Tour –, craignent un retour sous conditions humiliantes. En Suisse et en Belgique, où des tournois LIV avaient été accueillis, les collectivités locales s'interrogent désormais sur la pérennité de ces événements.
LIV Golf tente pourtant de sauver les meubles en annonçant une « évolution stratégique » : un conseil d'administration indépendant et la recherche de partenaires privés. Mais le modèle économique, bâti sur des pertes colossales, n'attire guère. Les fonds souverains asiatiques, sollicités, restent prudents. D'aucuns, à Paris ou à Montréal – où Radio-Canada suit l'affaire –, y voient la fin annoncée d'une parenthèse artificielle, et le retour probable à une unification du golf professionnel sous l'égide du PGA Tour et du DP World Tour. L'avenir de la discipline, pourtant, dépendra de la capacité des instances à réintégrer sans rancœur les vedettes égarées, et à panser les fractures ouvertes par quatre ans de guerre financière. Le trou dans le green est immense.
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