
Le retrait de la réforme des médecins de famille en Italie : un revers pour la santé territoriale
Le gouvernement italien renonce à son projet de loi intégrant les généralistes dans les Maisons de santé, provoquant la colère des régions et l'incertitude sur l'avenir de la médecine de proximité.
Le gouvernement italien a brutalement mis fin à sa réforme de la médecine territoriale, qui prévoyait l'intégration des médecins de famille dans les Maisons de communauté et le passage sous statut salarié d'une partie d'entre eux. Annoncée lors d'une réunion technique entre le cabinet du ministre de la Santé, Orazio Schillaci, et les assesseurs régionaux à la santé, cette décision a suscité une vive controverse. Le texte, qui n'avait jamais été formellement présenté, devait être adopté par décret-loi, mais face à l'opposition des syndicats de médecins et aux divisions au sein de la majorité, le ministre a préféré faire marche arrière.
La réaction la plus virulente est venue de Lombardie, où l'assesseur Guido Bertolaso, pourtant l'un des principaux promoteurs de la réforme, a exprimé son indignation en menaçant de démissionner de son poste de coordinateur adjoint des assesseurs. Selon des sources régionales, Bertolaso aurait qualifié la situation d'« avilissante » et quitté la réunion. Ce revirement met en lumière les tensions entre le gouvernement central et les régions, ces dernières ayant été associées à l'élaboration du texte mais sans être consultées sur son retrait. Du côté des médecins de famille, la satisfaction est de mise, eux qui dénonçaient depuis des mois une réforme imposée sans concertation.
Le retrait du décret-loi ouvre une période d'incertitude. Le ministère de la Santé envisage désormais de remplacer le texte par un accord négocié, soit via un amendement à un acte gouvernemental, soit en l'intégrant dans l'acte d'orientation pour le renouvellement de la convention des médecins de famille. Deux options restent sur la table : une norme ad hoc ou un renvoi pur et simple à la négociation conventionnelle. Cette situation rappelle les difficultés récurrentes de l'Italie à réformer son système de santé territorial, pourtant jugé essentiel pour rapprocher les soins des citoyens et alléger la pression sur les hôpitaux.
Au-delà des frontières italiennes, ce revers interroge sur la capacité des gouvernements européens à moderniser la médecine de proximité face aux corporatismes. En France, où les Maisons de santé pluriprofessionnelles se développent, ou en Belgique, où la rémunération à l'acte des généralistes reste un sujet sensible, l'épisode italien illustre les résistances rencontrées par les réformes structurelles. Pour l'instant, le gouvernement Schillaci semble avoir choisi la prudence, mais l'absence de solution alternative laisse planer le doute sur l'avenir de la médecine territoriale en Italie.
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