
León XIV à Montserrat : entre appel à la sérénité et silence sur les abus
Lors de sa visite à l’abbaye de Montserrat, symbole de la Catalogne et de l’Église espagnole, le pape León XIV a choisi d’éviter soigneusement le sujet des abus sexuels qui ont entaché ce lieu saint. Pourtant, c’est dans ce monastère que furent révélés, en 2019, les agissements de trois anciens abbés ayant couvert des décennies de violences sur mineurs, impliquant au moins quinze victimes et trois religieux. En dépit de ce lourd passé, le souverain pontife n’a fait aucune allusion à ces scandales, préférant axer son discours sur la nécessité de la sérénité dans le débat public, dans une Espagne marquée par la polarisation politique et la montée de l’extrême droite.
Le contraste était frappant entre l’accueil chaleureux réservé au pape par plus de quatre mille fidèles et les critiques venues d’associations de victimes, notamment en Catalogne, région qui concentre le plus grand nombre de cas de pédocriminalité dans le pays. Pour les observateurs européens, ce silence rappelle les réticences du Vatican à affronter frontalement la question des abus, même lorsque le pape se rend sur les lieux mêmes du scandale. En Belgique et en France, où des commissions d’enquête ont mis au jour l’ampleur des violences ecclésiastiques, on s’interroge sur la capacité de l’institution à tourner la page sans une reconnaissance explicite des souffrances.
León XIV a cependant profité de son séjour pour lancer un appel à l’unité nationale, exhortant les Espagnols à « renoncer aux paroles blessantes, aux jugements immédiats et aux calomnies », dans une allusion à peine voilée aux tensions indépendantistes catalanes. En s’adressant aux jeunes réunis au stade olympique de Barcelone, il a également mis l’accent sur la santé mentale et la violence faite aux femmes, deux thèmes qui résonnent particulièrement dans une société espagnole confrontée à une hausse des féminicides et à une crise du bien-être psychologique chez les jeunes.
Cette visite intervient alors que Montserrat célèbre son millénaire, un anniversaire qui aurait pu être l’occasion d’un geste fort envers les victimes. Mais le pape a préféré s’en remettre à la Vierge noire, patronne de la Catalogne, pour demander « la force de renoncer aux paroles blessantes », sans jamais prononcer le mot de « repentir ». Pour les analystes francophones, ce choix illustre la difficulté de l’Église à concilier son rôle de guide moral avec la nécessité de rendre des comptes sur son passé. Alors que le pape poursuit son voyage en Espagne, la question demeure : ce silence contribuera-t-il à apaiser les tensions ou nourrira-t-il la défiance envers une institution qui peine à se réformer ?
| Presse latino-américaine | +0.70 | aligned |
|---|---|---|
| Presse européenne continentale | −0.40 | critical |
The Pope is portrayed as a compassionate leader prioritizing mental health and fighting violence against women. The visit is depicted as a moment of unity and hope for Spain, with celebratory tones and a strong emphasis on the Pontiff's social message.
La visite papale est encadrée dans le contexte du scandale des abus sexuels dans l'Église catalane, Montserrat étant un épicentre. Le silence du Pape sur le sujet est critiqué, tandis que la présence d'un religieux accusé d'avoir étouffé l'affaire est soulignée. Le ton est critique et indigné, avec un accent sur l'absence de responsabilité.
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