
Liban : l'armée se retire du sud, Israël poursuit son offensive malgré la trêve
Le retrait des troupes libanaises de Kfar Tebnit, sous la pression de l'avancée israélienne, illustre l'effondrement du cessez-le-feu de novembre 2024 et la reprise d'une guerre aux objectifs non atteints.
Samedi 13 avril, l'armée libanaise a évacué sa base de Kfar Tebnit, dans le sud du pays, alors que les forces israéliennes progressaient dans les environs et émettaient des ordres d'évacuation pour une vingtaine de localités, dont la ville de Nabatiyeh. Selon des sources militaires libanaises citées par l'Associated Press, ce retrait fait suite à une incursion israélienne dans la zone. Simultanément, l'aviation et l'artillerie israéliennes ont frappé plusieurs secteurs près de Nabatiyeh, tuant deux personnes à Deir al-Zahrani et touchant les villages de Rihan et Sujud. Cette séquence marque une nouvelle étape dans l'escalade qui, depuis début mars, a coûté la vie à plus de 3 700 personnes au Liban et à des dizaines de soldats et civils israéliens.
Le repli des forces armées libanaises, pourtant tenues à l'écart des combats entre le Hezbollah et Israël, révèle la fragilité de l'État libanais et l'érosion de la trêve conclue en novembre 2024. Celle-ci devait permettre le déploiement de l'armée régulière au sud du Litani et le désarmement du Hezbollah, mais les observateurs européens, notamment français, soulignent que le parti chiite a reconstitué une partie de son arsenal et maintenu une présence militaire dans la région. Du côté israélien, l'état-major assume désormais ouvertement la logique d'une « guerre décisive », estimant que la fenêtre d'opportunité pour démanteler les capacités du Hezbollah n'a jamais été aussi favorable, quitte à violer les engagements internationaux.
La manœuvre israélienne autour de la colline d'Ali Taher, point stratégique surplombant Nabatiyeh, confirme la dimension tactique de cette offensive. Le contrôle de ce relief offrirait à Tsahal une vue et une maîtrise étendues sur la région, facilitant des opérations ultérieures. Pour les analystes du monde arabe, cette avancée rappelle les incursions de 2006 et ravive le spectre d'une occupation prolongée, alors que la population chiite du Sud-Liban subit de nouveau déplacements et bombardements. La presse indonésienne, reflet des préoccupations du Sud global, met en garde contre un conflit qui s'internationalise, attisé par les tensions entre l'Iran et les États-Unis.
À Bruxelles comme à Paris, on s'inquiète d'une déstabilisation durable du Liban, pays déjà exsangue, et d'un possible embrasement régional. La Force intérimaire des Nations unies (FINUL), où la France contribue de manière significative, se trouve une fois de plus impuissante face à la violation de la résolution 1701. L'absence de réaction internationale ferme risque d'encourager Israël à poursuivre une campagne dont l'issue, loin d'être décisive, pourrait reproduire les erreurs du passé et renforcer les milices qu'elle prétend éradiquer. Le Liban, otage des calculs de ses voisins et des erreurs de ses propres élites, s'enfonce dans une guerre par procuration aux conséquences humanitaires déjà catastrophiques.
| Presse latino-américaine | 0.00 | neutral |
|---|---|---|
| Presse européenne continentale | −0.80 | critical |
| Presse d'Asie du Sud-Est | −0.30 | critical |
L'armée libanaise a retiré ses troupes de la base de Kfar Tebnit après que les forces israéliennes ont progressé et émis des ordres d'évacuation pour environ 20 localités du sud du Liban. Des frappes aériennes ont visé des zones près de Nabatiyeh, tuant deux personnes à Deir al-Zahrani.
Le Liban est l'otage des erreurs de Netanyahu. La stratégie israélienne de guerre décisive a provoqué des déplacements forcés, des frappes aériennes et des morts, obligeant l'armée libanaise à battre en retraite. C’est le prix d’une politique en échec.
L’armée libanaise a été contrainte de se retirer de Kfar Tebnit alors que les forces israéliennes avancent pour s’emparer de la colline stratégique d’Ali Taher. L’escalade s’inscrit dans la confrontation grandissante entre l’Iran et les États-Unis, attisant les craintes d’un conflit régional élargi.
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