
Liban : trêve ensanglantée, le Hezbollah campe sur ses armes
Alors que les frappes israéliennes meurtrières se poursuivent malgré la trêve, le chef du Hezbollah rejette tout désarmement et mise sur un éventuel accord irano-américain incluant le Liban.
Depuis le fragile cessez-le-feu du 17 avril, le sud et l'est du Liban subissent une escalade de frappes israéliennes meurtrières. Ce week-end, des raids ont fait au moins treize morts, dont six femmes et un enfant à Sir al-Gharbiyeh, ainsi qu’un secouriste du Comité islamique de la santé, affilié au Hezbollah. Le centre de la défense civile à Nabatieh a été détruit par un tir direct, contraignant les humanitaires à évacuer préventivement. Ces attaques, qui violent ouvertement le droit humanitaire international, selon de nombreux observateurs, visent à affaiblir les infrastructures civiles autant que militaires.
Dans ce climat de violence, le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Qassem, a prononcé dimanche un discours à l'occasion de la « Journée de la résistance et de la libération » – qui commémore le retrait israélien du Sud-Liban le 25 mai 2000. Il y a réaffirmé l’impossibilité de tout désarmement : « Le désarmement, c’est l’extermination, et cela, nous ne pouvons l’accepter », a-t-il martelé, rejetant également toute négociation directe avec Israël ou les États-Unis, qu’il considère comme un médiateur partial. Qassem a par ailleurs salué l’efficacité des drones FPV utilisés par la milice et exprimé son espoir de voir un éventuel accord irano-américain inclure le Liban.
Du côté iranien, le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a transmis à Qassem un message assurant que Téhéran n’abandonnerait pas son allié. La médiation pakistanaise en cours pour un cessez-le-feu régional insisterait sur l’inclusion du Liban, selon des sources proches du Hezbollah. Mais à Beyrouth, le gouvernement libanais, engagé dans des pourparlers séparés avec Israël sous l’égide de Washington, tient à préserver l’autonomie de ces discussions, redoutant d’être entraîné dans une négociation globale qui diluerait ses revendications nationales. Israël, de son côté, justifie ses frappes par la nécessité de neutraliser les cibles du Hezbollah, et le Premier ministre Netanyahou affirme bénéficier du soutien américain pour « se défendre sur tous les fronts ».
Cette nouvelle séquence belliqueuse s’inscrit dans une guerre déclenchée le 2 mars, après des tirs du Hezbollah en représailles à l’élimination du guide suprême iranien lors de frappes américano-israéliennes. Depuis, le bilan humain est accablant : 3 123 morts selon le ministère libanais de la Santé. La destruction répétée d’infrastructures sanitaires – ambulances, centres de secours – soulève de vives inquiétudes quant au respect du droit international. Les évacuations ordonnées par Israël dans dix villages du sud et de la Bekaa laissent présager une poursuite, voire une intensification, des opérations.
L’avenir du Liban est suspendu à deux dynamiques contradictoires : la prolongation précaire du cessez-le-feu, que Washington tente de maintenir, et la perspective d’un accord entre l’Iran et les États-Unis, qui pourrait redessiner l’architecture sécuritaire régionale. Pour le Hezbollah, le renoncement à ses armes équivaudrait à une capitulation, tandis que pour Israël, le maintien d’une milice lourdement équipée à sa frontière constitue une menace existentielle. Entre ces logiques irréconciliables, les civils libanais paient le prix fort, et la communauté internationale, notamment européenne, semble impuissante à imposer un retour durable au calme.
| Presse arabe Levant-Maghreb | −0.80 | critical |
|---|---|---|
| Presse israélienne | +0.20 | neutral |
| Presse européenne continentale | −0.40 | critical |
| Presse iranienne et apparentée | −0.90 | critical |
Israeli forces continue to strike southern Lebanon despite the ceasefire, causing civilian casualties including women and children. The Lebanese government denounces a 'massacre' and attacks on health facilities, while Hezbollah rejects disarmament calling it 'annihilation'. The international community is accused of not stopping Israeli violations.
Israeli forces strike Hezbollah targets in Lebanon in response to ongoing attacks, including drones and rockets, despite the ceasefire. Hezbollah's leader rejects disarmament, undermining stability. Israel acts in self-defense against a terrorist threat.
Despite the fragile ceasefire, Israeli attacks in Lebanon kill civilians, including women and children. The situation remains tense with Hezbollah refusing disarmament. The international community watches with concern.
Hezbollah, under the leadership of martyr Nasrallah, rejects disarmament and refuses negotiations with Israel and the US. The Lebanese government is accused of diplomatic failure. Resistance is the only defense against Zionist aggression.
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