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mercredi 29 avril 2026

Mali : l’offensive rebelle expose l’échec de la stratégie russe et la fragilité de la junte

Le 25 avril, une série d’attaques parfaitement coordonnées a frappé le Mali en plein cœur. À Bamako, des explosions retentissaient près de l’aéroport, tandis qu’à Kati, véritable centre névralgique du pouvoir militaire, le ministre de la Défense Sadio Camara était tué dans sa résidence par un camion piégé. Plus au nord, Kidal tombait aux mains d’une coalition inédite entre les djihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans et les indépendantistes touaregs du Front de libération de l’Azawad.

Après trois jours de silence radio, le chef de la junte, le général Assimi Goïta, est apparu aux côtés de l’ambassadeur russe pour affirmer que la situation était « maîtrisée ». Ce pessimisme officiel peine à masquer un revers stratégique majeur. L’épisode sanctionne de manière cinglante le pari sécuritaire fait par la junte après le putsch de 2020 : chasser les forces françaises de l’opération Barkhane et les remplacer par des mercenaires russes, d’abord de la défunte société Wagner, puis du tout nouveau « Corps africain » du ministère de la Défense.

Moscou s’est empressé de présenter une tout autre lecture : selon le ministère russe, jusqu’à 12 000 combattants, entraînés par des « instructeurs ukrainiens et européens », auraient tenté un coup d’État que les soldats russes ont vaillamment déjoué. Pourtant, des sources locales, confirmées par des médias ouest-africains et algériens, rapportent que les unités russes ont dû négocier leur retrait de Kidal sous médiation algérienne, abandonnant la ville aux rebelles. Cette dissonance entre le récit de Moscou et la réalité du terrain est soulignée par les experts de la Fondation Konrad Adenauer et de l’organisation américaine The Sentry, qui n’hésitent pas à parler d’un échec retentissant du projet de substitution à l’influence occidentale.

En Europe, l’inquiétude est vive. Paris a recommandé à ses ressortissants de quitter temporairement le pays, décrivant une situation « extrêmement volatile ». La presse suisse alémanique, dans un éditorial de la Neue Zürcher Zeitung, voit dans cette déroute la preuve que « la Russie ne peut pas faire face aux djihadistes » et qu’il reste « peu de temps pour empêcher un califat africain ».

Cette analyse résonne durement chez les anciennes puissances coloniales, qui observent avec amertume l’engrenage déclenché par le départ précipité des forces occidentales. Du côté africain, la solidarité affichée ne gomme pas les préoccupations. Le Maroc a condamné avec fermeté les attentats devant le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, réaffirmant son soutien aux autorités maliennes et plaidant pour une approche régionale renforcée.

L’Algérie, frontalière du nord malien, a joué un rôle discret de médiateur pour éviter un bain de sang à Kidal. Cette implication rappelle que la déstabilisation du Mali n’est pas un dossier lointain pour le Maghreb, qui redoute l’effet de contagion sur ses propres zones sahariennes. New Delhi, enfin, a condamné des attaques qui menacent la stabilité de toute la région ouest-africaine.

L’avenir proche s’annonce sombre. La perte de Kidal et l’assassinat d’un pilier de la junte montrent que le pouvoir central ne contrôle plus grand-chose au-delà de quelques garnisons. Les groupes armés, enhardis, risquent de chercher à étendre leur emprise dans un nord désormais largement hors de portée de l’armée malienne et de ses alliés russes.

Pour une jeunesse sahélienne privée de perspectives économiques et de sécurité, ces événements résonnent comme un énième recul de l’espoir démocratique né au début du millénaire. Alors que le spectre d’un conflit régional s’épaissit, la question n’est plus seulement de savoir combien de temps tiendra la junte, mais quel État, un jour, pourra recoller les morceaux du Mali.

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mercredi 29 avril 2026

Mali : l’offensive rebelle expose l’échec de la stratégie russe et la fragilité de la junte

Le 25 avril, une série d’attaques parfaitement coordonnées a frappé le Mali en plein cœur. À Bamako, des explosions retentissaient près de l’aéroport, tandis qu’à Kati, véritable centre névralgique du pouvoir militaire, le ministre de la Défense Sadio Camara était tué dans sa résidence par un camion piégé. Plus au nord, Kidal tombait aux mains d’une coalition inédite entre les djihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans et les indépendantistes touaregs du Front de libération de l’Azawad.

Après trois jours de silence radio, le chef de la junte, le général Assimi Goïta, est apparu aux côtés de l’ambassadeur russe pour affirmer que la situation était « maîtrisée ». Ce pessimisme officiel peine à masquer un revers stratégique majeur. L’épisode sanctionne de manière cinglante le pari sécuritaire fait par la junte après le putsch de 2020 : chasser les forces françaises de l’opération Barkhane et les remplacer par des mercenaires russes, d’abord de la défunte société Wagner, puis du tout nouveau « Corps africain » du ministère de la Défense.

Moscou s’est empressé de présenter une tout autre lecture : selon le ministère russe, jusqu’à 12 000 combattants, entraînés par des « instructeurs ukrainiens et européens », auraient tenté un coup d’État que les soldats russes ont vaillamment déjoué. Pourtant, des sources locales, confirmées par des médias ouest-africains et algériens, rapportent que les unités russes ont dû négocier leur retrait de Kidal sous médiation algérienne, abandonnant la ville aux rebelles. Cette dissonance entre le récit de Moscou et la réalité du terrain est soulignée par les experts de la Fondation Konrad Adenauer et de l’organisation américaine The Sentry, qui n’hésitent pas à parler d’un échec retentissant du projet de substitution à l’influence occidentale.

En Europe, l’inquiétude est vive. Paris a recommandé à ses ressortissants de quitter temporairement le pays, décrivant une situation « extrêmement volatile ». La presse suisse alémanique, dans un éditorial de la Neue Zürcher Zeitung, voit dans cette déroute la preuve que « la Russie ne peut pas faire face aux djihadistes » et qu’il reste « peu de temps pour empêcher un califat africain ».

Cette analyse résonne durement chez les anciennes puissances coloniales, qui observent avec amertume l’engrenage déclenché par le départ précipité des forces occidentales. Du côté africain, la solidarité affichée ne gomme pas les préoccupations. Le Maroc a condamné avec fermeté les attentats devant le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, réaffirmant son soutien aux autorités maliennes et plaidant pour une approche régionale renforcée.

L’Algérie, frontalière du nord malien, a joué un rôle discret de médiateur pour éviter un bain de sang à Kidal. Cette implication rappelle que la déstabilisation du Mali n’est pas un dossier lointain pour le Maghreb, qui redoute l’effet de contagion sur ses propres zones sahariennes. New Delhi, enfin, a condamné des attaques qui menacent la stabilité de toute la région ouest-africaine.

L’avenir proche s’annonce sombre. La perte de Kidal et l’assassinat d’un pilier de la junte montrent que le pouvoir central ne contrôle plus grand-chose au-delà de quelques garnisons. Les groupes armés, enhardis, risquent de chercher à étendre leur emprise dans un nord désormais largement hors de portée de l’armée malienne et de ses alliés russes.

Pour une jeunesse sahélienne privée de perspectives économiques et de sécurité, ces événements résonnent comme un énième recul de l’espoir démocratique né au début du millénaire. Alors que le spectre d’un conflit régional s’épaissit, la question n’est plus seulement de savoir combien de temps tiendra la junte, mais quel État, un jour, pourra recoller les morceaux du Mali.

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