
Mali : la chute de Kidal révèle l’échec de l’alliance russo-malienne
La perte de la ville stratégique de Kidal, dans le nord désertique du Mali, a infligé à la junte de Bamako et à ses partenaires russes le revers le plus cinglant depuis leur rapprochement en 2021. Les assauts coordonnés menés le 25 avril par le JNIM, lié à Al-Qaïda, et les rebelles touaregs du Front de libération de l’Azawad n’ont pas seulement contraint le contingent russe de l’Africa Corps à une retraite forcée ; ils ont coûté la vie au ministre de la Défense Sadio Camara, tué dans l’explosion d’un véhicule piégé devant sa résidence près de Bamako. Selon le ministère russe de la Défense, les militaires russes, encerclés et en infériorité numérique, ont « empêché un coup d’État » en détruisant 102 pièces de matériel et en éliminant plus de 2 500 assaillants.
Toutefois, le contraste entre cette version triomphaliste et la perte effective de Kidal, première grande ville du nord à échapper totalement au contrôle de l’État depuis 2012, éclaire les limites de l’aventure sécuritaire russe au Sahel.
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