
Marchés des changes : le peso argentin fragmenté, le dirham marocain sous pression
Entre le peso argentin qui se négocie à des multiples de sa valeur officielle et le dirham marocain qui s’affaiblit, les monnaies du Sud global subissent la pression d’un dollar fort.
En Argentine, la journée du 11 juin 2026 a une nouvelle fois illustré le labyrinthe monétaire dans lequel évoluent les agents économiques. Le peso officiel, fixé par le Banco Nación, s’échangeait autour de 1 412 pesos pour l’achat et 1 465 pesos pour la vente, à l’intérieur d’une bande de fluctuation instaurée par le gouvernement entre 1 000 et 1 500 pesos. Mais ce taux administré n’est que la façade d’un édifice bien plus complexe. Le marché parallèle, dit « dollar bleu », évoluait dans une fourchette de 1 430 à 1 450 pesos, tandis que le dollar MEP, utilisé pour les opérations boursières, cotait environ 1 453 pesos, et le « contado con liquidación » (CCL), qui permet de transférer des capitaux à l’étranger, frôlait les 1 509 pesos. Le dollar carte, lesté d’une lourde fiscalité, atteignait 1 891 pesos, et les cryptomonnaies s’alignaient sur les 1 500 dollars. Cette fragmentation, bien documentée par la presse argentine, témoigne de la défiance persistante envers la monnaie nationale, malgré les efforts officiels pour contenir l’inflation et stabiliser le change.
À la même heure, de l’autre côté de l’Atlantique, le Maroc voyait son dirham s’affaiblir face au dollar. La banque centrale, Bank Al-Maghrib, a publié une cotation centrale en repli, sans toutefois livrer de détail chiffré dans son communiqué. Cette dépréciation, bien que modeste, s’inscrit dans un contexte régional tendu : plusieurs monnaies nord-africaines, du dinar tunisien à la livre égyptienne, subissent une pression constante du fait de la vigueur du billet vert et de la hausse des coûts d’importation. Pour Rabat, dont l’économie reste très liée à l’Union européenne – premier partenaire commercial –, l’affaiblissement du dirham renchérit les produits libellés en euro et complique l’équation de la stabilité macroéconomique.
Les observateurs argentins soulignent que l’écart entre le taux officiel et les taux financiers (MEP, CCL), bien que moins spectaculaire que lors des crises antérieures, reflète une surévaluation persistante du peso. En glissement annuel, le dollar MEP a grimpé de 23 %, le CCL de 27 %, et le dollar carte de 21 %, signe que l’inflation érode les ancres nominales. La bande de fluctuation, en vigueur depuis plusieurs mois, freine la volatilité mais ne résout pas le problème de fond : les contrôles de capitaux entretiennent un marché à plusieurs vitesses, où les entreprises et les épargnants cherchent à se dollariser par tous les moyens.
Pour un lectorat francophone, ces deux cas – argentin et marocain – illustrent les fractures monétaires du Sud global. Là où Buenos Aires expérimente un système éclaté qui frôle l’absurde, Rabat maintient un ancrage administré qui amortit les chocs sans totalement les absorber. L’une et l’autre économie restent tributaires des cycles du dollar, dictés par la Réserve fédérale américaine. À l’heure où les banques centrales européennes ajustent leur politique monétaire, la question de la vulnérabilité des monnaies émergentes et en développement s’impose comme un enjeu géopolitique de premier plan.
| Presse latino-américaine | 0.00 | neutral |
|---|---|---|
| Presse africaine subsaharienne | 0.00 | neutral |
Les médias latino-américains suivent les multiples taux de change du dollar en Argentine, constatant un écart croissant entre le taux officiel et les taux parallèles comme le blue et le CCL. Ils rapportent un dollar officiel en baisse et un real brésilien en dépréciation, fournissant aux lecteurs des données ponctuelles pour s'orienter dans un marché des changes fragmenté.
La presse nigériane rapporte que le naira a évolué dans une fourchette relativement stable face au dollar, tant sur le marché officiel que parallèle. Dans un contexte de signaux mondiaux de volatilité des devises, l'attention reste centrée sur le calme quotidien du taux de change local, sans alarmisme.
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