
Djokovic éliminé d’entrée à Rome : un revers qui assombrit l’horizon de Roland-Garros
Le Serbe, vainqueur sortant à Paris, chute dès son premier match sur terre battue face au Croate Dino Prizmić, 79e mondial. Une préparation compromise.
Novak Djokovic n’aura disputé qu’un seul set à son avantage avant de s’effondrer. Vaincu vendredi au deuxième tour du Masters 1000 de Rome par le jeune Croate Dino Prizmić (6-2, 2-6, 4-6), le sextuple vainqueur du tournoi a offert une image inquiétante à moins de trois semaines des Internationaux de France. Il s’agit de la première élimination d’entrée pour le Serbe en dix-neuf participations à l’épreuve italienne, lui qui n’avait plus joué depuis fin mars en raison d’une blessure à l’épaule. Sur la terre battue du Foro Italico, son premier contact avec la surface depuis près d’un an, le numéro 4 mondial a paru physiquement diminué, au point de vomir sur le court durant le deuxième set, avant de multiplier les fautes en revers face à un adversaire de vingt ans, classé 79e à l’ATP.
Outre ses déboires physiques, c’est la fragilité mentale affichée par Djokovic qui a frappé les observateurs italiens et germaniques. Dans la péninsule, où le public romain lui a réservé un accueil chaleureux, sa sortie précoce a été vécue comme un camouflet pour un joueur qui avait bâti sa légende sur la régularité dans les grands rendez-vous. Les médias helvétiques et allemands, pour leur part, ont souligné le contraste saisissant entre le Djokovic dominateur des premiers jeux, breakant d’entrée, et celui, fébrile et sans énergie, qui a laissé le Croate prendre le contrôle du match après un premier set maîtrisé. L’analyse des commentateurs suisses ne cache pas une interrogation lancinante : « La fin de l’ère Djokovic est-elle enfin arrivée ? »
De l’autre côté de l’Adriatique, l’exploit de Prizmić suscite une ferveur comparable à celle qui accompagna l’émergence de Marin Čilić. Pour les Balkans, cette victoire symbolise le renouveau du tennis croate, mais aussi la difficulté croissante de Djokovic à contenir une nouvelle génération dont le jeu offensif et l’insolence juvénile déstabilisent ses repères. La presse francophone, attentive aux échéances parisiennes, relève que le Serbe n’a plus gagné un tournoi sur terre battue depuis Rome 2022 et que son dernier titre sur ocre, à Roland-Garros en 2023, avait été obtenu dans la douleur. À Paris, où il défend son titre, l’ombre d’un nouveau dénouement précoce plane désormais sur les allées de la Porte d’Auteuil.
Car au-delà de la simple défaite, c’est bien la préparation du champion qui interroge. N’ayant disputé aucun tournoi préparatoire avant Rome, Djokovic n’aura accumulé qu’un seul match sur la surface avant le Grand Chelem français. Son programme reste flou : s’alignera-t-il à Genève ou à Lyon pour engranger du rythme ? Rien n’est moins sûr. Le Serbe, qui a souvent puisé dans l’adversité pour rebondir, a reconnu après sa défaite que « ce n’est pas une préparation idéale ». Mais son geste d’élégance envers les enfants présents dans les tribunes, signant longuement des autographes avant de quitter le central, rappelle que l’homme de Belgrade sait aussi transformer une humiliation en défi. Roland-Garros, dans trois semaines, dira si cette alerte romaine n’est qu’un accident ou le signe d’un crépuscule annoncé.
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