
À Mexico et Rio, la régulation des engins de micromobilité électrique s’intensifie face aux dangers
Mexico imposera plaques et permis dès juillet, Rio a déjà verbalisé 115 infractions en un mois. Les deux métropoles tentent de mettre fin au vide juridique.
Le 1er juillet prochain, les scooters, bicyclettes électriques et autres véhicules motorisés personnels (Vemepe) dépassant 250 watts ou 25 km/h devront être immatriculés à Mexico, sous peine d’amendes pouvant atteindre 1 130 pesos dès septembre 2026. La cheffe du gouvernement, Clara Brugada, justifie cette mesure par la nécessité de combler un vide légal qui a favorisé une expansion « accélérée et sans règles » de ces engins, au détriment de la sécurité des piétons et des cyclistes. Cette décision fait écho aux préoccupations qui agitent d’autres métropoles latino-américaines, à commencer par Rio de Janeiro où un décret municipal est en vigueur depuis un mois déjà.
Dans la capitale carioca, les premières statistiques sont éloquentes : plus de 22 000 opérations de sensibilisation ont été menées et 115 contraventions dressées, principalement pour circulation interdite sur les pistes cyclables, dans les tunnels ou sur les voies à grande vitesse. Les autorités locales ont dû faire face à un phénomène inattendu : la prolifération de fausses plaques d’immatriculation, vendues sur des sites de commerce en ligne, que des conducteurs apposent sans aucune valeur légale. À Copacabana, les agents ont ainsi relevé des véhicules ornés de plaques génériques portant des mentions comme « mobilité électrique » ou « moteur jusqu’à 1 000 watts », une pratique qui fragilise tout l’édifice réglementaire.
L’approche diffère sensiblement entre les deux villes. Mexico mise sur une obligation préalable de plaque et de permis, avec une phase de tolérance jusqu’à l’entrée en vigueur des sanctions. Rio, elle, a choisi une entrée en vigueur immédiate de son décret, privilégiant d’abord la pédagogie – les agents n’ont infligé que cinq contraventions effectives lors du premier mois – avant de durcir les contrôles. Ces divergences reflètent des contextes juridiques distincts, mais aussi une même difficulté à faire respecter des règles qui touchent des millions d’usagers souvent peu informés.
Ce mouvement de régulation n’est pas propre à l’Amérique latine. En France, les trottinettes électriques sont soumises depuis 2019 à des obligations de plaque et d’assurance, tandis que la Belgique et le Québec ont récemment renforcé leurs cadres législatifs pour encadrer la vitesse et l’usage des pistes cyclables. L’expérience mexicaine et brésilienne illustre pourtant un écueil récurrent : sans un système fiable d’identification et de contrôle, la fraude prospère. La vente en ligne de fausses plaques à Rio ou les contournements attendus à Mexico montrent que la simple publication de décrets ne suffit pas. Les autorités devront investir dans des technologies de lecture automatique et harmoniser leurs bases de données, tandis que les constructeurs pourraient être mis à contribution pour intégrer des identifiants numériques dès la fabrication. L’enjeu, pour les deux métropoles comme pour les capitales francophones, est de concilier l’essor d’une mobilité douce avec une sécurité routière qui ne soit pas un vain mot.
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