
Mojtaba Khamenei, le guide fantôme qui dirige la guerre iranienne depuis l’ombre
Blessé le premier jour du conflit, le nouveau guide suprême iranien continue de piloter la stratégie militaire et les négociations avec Washington, selon les renseignements américains.
La guerre américano-israélienne contre l’Iran n’a pas réduit au silence celui qui en est désormais le principal maître d’œuvre. Selon des évaluations des services de renseignement américains, le guide suprême Mojtaba Khamenei, bien que grièvement blessé lors de l’attaque du 28 février qui a coûté la vie à son père l’ayatollah Ali Khamenei, continue d’exercer un rôle décisif dans la formulation de la stratégie militaire de Téhéran. Les mêmes sources indiquent qu’il supervise, aux côtés de hauts responsables iraniens, les pourparlers en cours avec Washington sur un éventuel cessez-le-feu. L’homme n’a pas été vu en public depuis le bombardement, et les renseignements américains avouent ne pas pouvoir confirmer visuellement sa localisation exacte, mais ils estiment que son autorité demeure centrale dans un régime décrit comme « fragmenté ».
À Téhéran, le discours officiel cherche à atténuer la gravité de la situation. Un haut responsable iranien, Mohajer Hosseini, a révélé pour la première fois que le guide suprême avait été blessé lors de l’attaque contre sa résidence – fracture de la rotule, traumatisme dorsal et légère plaie derrière l’oreille – mais a fermement assuré que son état de santé était bon et qu’il continuait à gérer les affaires de l’État. Cette version contredit les informations diffusées par des médias internationaux, selon lesquelles Mojtaba Khamenei aurait subi de graves brûlures sur une partie du corps, le contraignant à un isolement prolongé. Le régime iranien dénonce une campagne de « rumeurs » orchestrée par ses ennemis, mais l’absence d’images récentes du guide alimente les spéculations sur sa capacité réelle à gouverner.
Dans les capitales européennes, cette incertitude suscite une inquiétude croissante. Les diplomates francophones, tant à Paris qu’à Bruxelles, observent avec attention les signaux contradictoires qui émanent de Téhéran. Si les renseignements américains suggèrent que Khamenei continue d’imprimer sa marque sur la conduite de la guerre, d’autres sources, notamment en Israël, estiment que son rôle pourrait être plus limité, laissant la place à des luttes internes au sein du régime. Cette ambiguïté stratégique complique tout calcul diplomatique : qui, en Iran, détient vraiment la clé d’une sortie de conflit ?
L’avenir des négociations dépendra donc autant de la réalité physique du guide suprême que de la perception qu’en ont les belligérants. Si Khamenei est effectivement aux commandes, son retrait – volontaire ou forcé – pourrait ouvrir une crise de succession aux conséquences imprévisibles pour la région. Dans le cas contraire, la déliquescence du pouvoir à Téhéran risquerait de prolonger une guerre que personne, ni à Washington ni dans les capitales européennes, ne souhaite voir s’enliser. Le silence de l’homme de l’ombre reste, pour l’heure, la question qui hante tous les calculs géopolitiques.
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