
Mondial 2026 : FIFA gonfle les compensations pour les clubs, mais les écarts persistent
L'instance porte à 355 millions de dollars le fonds de compensation, incluant pour la première fois les éliminatoires. Pourtant, certains clubs, notamment iraniens, déchantent face à la dilution des montants.
La FIFA a dévoilé cette semaine les modalités actualisées de son « Programme de prestations pour les clubs », portant l'enveloppe globale à 355 millions de dollars (environ 307,7 millions d'euros), soit une hausse de 70 % par rapport à la Coupe du monde 2022 au Qatar. Confirmant les grandes lignes annoncées en septembre dernier, la fédération introduit une innovation majeure : pour la première fois, les clubs qui ont libéré des joueurs durant les éliminatoires – 905 matchs au total – seront indemnisés, à hauteur d'environ 2 360 dollars (environ 2 000 euros) par joueur et par match. Cette mesure, saluée par l'Association européenne des clubs (EFC), partenaire de l'accord, entend reconnaître l'engagement des formations sur l'ensemble du cycle mondial.
Pour la phase finale, qui se déroulera du 11 juin au 19 juillet dans seize villes des États-Unis, du Mexique et du Canada, le mécanisme se précise : chaque club percevra un minimum de 5 000 dollars par joueur et par jour de compétition, somme à laquelle s'ajouteront des bonus variables selon l'inscription sur la feuille de match et la durée de présence sur le terrain. Les médias brésiliens, de Metrópoles à CNN Brasil, ont rapidement chiffré les retombées pour les sélections auriverdes. Ainsi, le club de Palmeiras, qui compte sept internationaux appelés, pourrait empocher jusqu'à 399 000 réals quotidiens (autour de 77 000 dollars), tandis que Flamengo figure en tête des bénéficiaires au Brésil grâce à un contingent étoffé. Dans les championnats européens, où évoluent la plupart des internationaux, l'annonce confirme une manne significative, même si les montants définitifs ne seront connus qu'à l'issue du tournoi.
L'augmentation du fonds s'inscrit dans un contexte de forte croissance des recettes de la FIFA, qui table sur une progression de 56 % de ses revenus sur l'année 2026 et de 72 % sur le cycle quadriennal, dopée par l'élargissement du Mondial à 48 équipes (contre 32 auparavant) et par le lancement du nouveau Mondial des clubs. Cette embellie financière permet à l'instance de justifier un effort sans précédent vers les clubs, rompant avec la posture minimaliste des premières éditions du programme, instauré en 2010. Le site ghanéen Adom Online rappelle que le fonds de 2022 s'élevait à 209 millions de dollars et avait été réparti entre 440 clubs, une goutte d'eau pour beaucoup de formations non européennes.
Pourtant, l'optimisme n'est pas universel. En Iran, le journal Khabar Online titre sur une « mauvaise nouvelle pour les clubs », soulignant que la hausse de l'enveloppe globale est en partie absorbée par l'augmentation du nombre de sélections participantes : la part individuelle, rapportée au nombre de joueurs, pourrait se révéler décevante pour les clubs modestes, déjà privés de recettes de billetterie en championnat domestique. Ce décalage illustre les disparités persistantes au sein du football mondial, où les formations du Golfe, d'Afrique ou d'Asie peinent à capter les retombées directes. La presse arabophone, comme An-Nahar, insiste toutefois sur le caractère « historique » de l'inclusion des éliminatoires, qui bénéficiera à de nombreux clubs africains et asiatiques.
À l'heure où les calculs vont bon train des deux côtés de l'Atlantique, ce programme révisé pose les jalons d'une redistribution en trompe-l'œil. La concentration des versements sur les championnats européens et brésiliens risque d'accentuer le fossé financier avec les autres confédérations, malgré la rhétorique inclusive de la FIFA. Les décomptes définitifs, attendus après la finale du 19 juillet, seront scrutés de près par les présidents de club, entre espoir de jackpot et désillusion.
| Presse iranienne et apparentée | −0.70 | critical |
|---|---|---|
| Presse latino-américaine | +0.70 | aligned |
| Presse africaine subsaharienne | +0.30 | aligned |
Pour les clubs iraniens, le nouveau modèle de distribution de la FIFA est un coup dur : la prime sur laquelle ils comptaient a été pratiquement divisée par deux. Avec des recettes de match quasi nulles, l'espoir d'une manne liée à la Coupe du monde s'est mué en déception.
Les clubs brésiliens s'apprêtent à encaisser pendant la Coupe du monde, les indemnités journalières par joueur représentant des sommes substantielles. Palmeiras, avec sept joueurs sélectionnés, pourrait empocher près de 400 000 reais par jour, se classant parmi les plus grands bénéficiaires du pays.
L'augmentation des compensations de la FIFA pour les clubs qui libèrent des joueurs pour la Coupe du monde et les qualifications constitue un versement record. La hausse de 70 % par rapport à l'édition qatarie reflète des recettes globales plus élevées, avec 355 millions de dollars alloués au programme.
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