
Entre menaces de frappes et appels à l’évacuation, Moscou prépare un 9 mai sous haute tension
À la veille du défilé de la Victoire, Kiev met en garde les alliés de Moscou et la Russie exige le départ des ambassades de la capitale ukrainienne.
Alors que Moscou s’apprête à célébrer samedi le 9 mai, jour anniversaire de la victoire soviétique sur l’Allemagne nazie, la tension monte d’un cran entre la Russie et l’Ukraine. Depuis Kiev, le président Volodymyr Zelensky a lancé un avertissement clair aux États alliés du Kremlin : ne pas envoyer de représentants au défilé militaire sur la place Rouge. « Nous avons reçu des messages de certains pays proches de la Russie indiquant que leurs représentants prévoient d’être à Moscou », a-t-il déclaré, jugeant cette intention « étrange » en temps de guerre. La mise en garde ukrainienne intervient alors que la diplomatie russe a officiellement demandé aux ambassades étrangères d’évacuer leur personnel de Kiev, invoquant l’« inévitabilité de frappes de représailles » si l’Ukraine tentait de perturber les festivités.
Cette injonction contradictoire — un cessez-le-feu unilatéral décrété par Moscou pour les 8, 9 et 10 mai — révèle surtout le nervosité croissante du Kremlin face à une guerre qui s’enlise. Sur le front, les hostilités n’ont pas cessé : Kiev et Moscou s’accusent mutuellement de violer la trêve, et l’Ukraine affirme avoir frappé un croiseur lance-missiles russe. Du côté européen, l’Allemagne a maintenu ses diplomates à Kiev, refusant de céder aux menaces russes, tandis que Bruxelles se préparerait, selon certaines sources, à d’éventuelles négociations avec Vladimir Poutine.
En Afrique francophone et au Canada, les autorités suivent avec inquiétude ce regain de tension, qui pourrait compromettre la sécurité des ressortissants et des missions diplomatiques encore présents en Ukraine. La Belgique, quant à elle, a déjà réduit sa présence à Kiev par précaution. Ce 9 mai s’annonce donc comme un test de crédibilité pour le Kremlin : le défilé, privé de chars et de missiles en raison des pertes subies en Ukraine, risque d’être moins flamboyant que par le passé.
Mais au-delà du symbole, la menace d’une frappe majeure sur Kiev plane, et la communauté internationale retient son souffle. L’issue de cette séquence pourrait soit ouvrir une fenêtre diplomatique, soit enclencher une escalade dont personne ne veut, mais que tous redoutent.
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