
Narges Mohammadi, prix Nobel en détention, hospitalisée après une crise cardiaque en Iran
L’état de santé de Narges Mohammadi, Prix Nobel de la paix 2023 emprisonnée en Iran, s’est brutalement dégradé au point de nécessiter son transfert urgent de la prison de Zanjan vers un hôpital local. Selon la fondation qui porte son nom, la militante des droits des femmes a subi une « détérioration catastrophique » de son état, marquée par deux épisodes de perte de connaissance et une « crise cardiaque sévère ». Ce nouvel incident sanitaire intervient après cent quarante jours de « négligence médicale systématique », selon ses proches, et alors que Téhéran avait alourdi son cas en février dernier en lui infligeant sept années de prison supplémentaires pour « association de malfaiteurs » et propagande, ainsi qu’un exil forcé de deux ans dans la province du Khorasan méridional.
Du côté des autorités iraniennes, le silence officiel prévaut, tandis que les médias d’État n’ont pas commenté cette hospitalisation. Dans les capitales occidentales, la nouvelle a suscité une vive inquiétude. Le secrétaire du Comité Nobel norvégien a publiquement exprimé sa crainte que l’état de Mohammadi ne s’aggrave encore, alors qu’elle avait déjà entamé une grève de la faim en février. La communauté internationale, de Washington à Bruxelles, suit avec angoisse le sort de cette figure de proue de la contestation iranienne, symbole du combat contre la peine de mort et pour l’égalité des genres. En Europe, les chancelleries, notamment à Paris et à Berlin, multiplient les appels à la clémence, mais sans effet tangible sur la République islamique.
Au-delà des réactions diplomatiques, cette détérioration médicale relance le débat sur les conditions de détention en Iran. Les ONG de défense des droits humains, actives à Genève comme à New York, dénoncent un usage récurrent de la privation de soins comme moyen de pression politique. Pour l’opposition iranienne en exil, ce cas illustre la brutalité d’un régime qui n’hésite pas à mettre en danger la vie de ses opposants les plus célèbres. Dans les pays francophones, du Canada à la Belgique, des voix s’élèvent pour réclamer des sanctions ciblées contre les responsables de cette négligence sanitaire. L’avenir immédiat de Narges Mohammadi reste incertain : si son transfert à l’hôpital a sans doute sauvé sa vie à court terme, son maintien en détention, dans un environnement carcéral hostile, laisse craindre le pire. La pression internationale, bien que réelle, semble impuissante à infléchir la ligne répressive de Téhéran, qui voit dans cette militante une menace existentielle pour son ordre politique.
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