
Oscars 2027 : l’Académie verrouille la porte à l’intelligence artificielle et élargit le monde
L’Académie des arts et des sciences du cinéma a tranché : pour la 99ᵉ cérémonie des Oscars, en mars 2027, les acteurs et scénaristes générés par intelligence artificielle ne seront pas éligibles. Seuls les rôles « démontrés comme interprétés par des humains avec leur consentement » pourront concourir, et les scénarios devront être « écrits par des humains ». Cette clarification, rendue publique vendredi, répond à une inquiétude croissante dans l’industrie hollywoodienne, notamment après la projection d’une version numérique de l’acteur Val Kilmer, décédé en 2024, devant des exploitants de salles. L’Académie ne bannit pas l’IA en tant qu’outil technique, mais exige que la main de l’homme reste le critère central de l’éligibilité, laissant aux votants le soin d’évaluer le degré de créativité humaine dans chaque œuvre.
Au-delà de la question de l’IA, les nouvelles règles bouleversent deux autres piliers de la compétition. Désormais, un même acteur ou une même actrice pourra recevoir plusieurs nominations dans une seule catégorie, une révolution qui ouvre la voie à des consécrations multiples pour des rôles marquants. Surtout, la catégorie du meilleur film international s’élargit : un pays pourra soumettre plus d’un film, à condition que ces derniers aient été primés dans l’un des grands festivals reconnus (Cannes, Venise, Berlin, etc.). Cette mesure répond au paradoxe mis en lumière par le cas d’Anatomie d’une chute, film français qui, bien que multiprimé, ne représentait pas la sélection officielle de son pays. En Europe, cette ouverture est perçue comme une reconnaissance de la diversité des cinématographies nationales, tandis que dans les milieux francophones d’Afrique et du Canada, on y voit une chance accrue pour des œuvres longtemps reléguées en marge du circuit hollywoodien.
Cette évolution ne fait pas l’unanimité. Aux États-Unis, certains producteurs redoutent une dilution des critères de qualité au profit d’une logique de festivals. En Belgique et en Suisse, les observateurs saluent en revanche une avancée vers une mondialisation plus équitable du septième art. Reste que l’Académie, en codifiant son approche de l’IA, envoie un signal fort : la récompense suprême ne saurait couronner une œuvre sans empreinte humaine. Alors que les technologies génératives progressent, Hollywood choisit de défendre une certaine idée du cinéma comme art de l’incarnation et de l’écriture personnelle. Les prochains mois diront si cette ligne de conduite inspire d’autres institutions culturelles, ou si elle ne fait que retarder l’inévitable hybridation des pratiques.
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