
Paludisme : 282 millions de cas estimés dans le monde en 2024, l’Afrique paie le plus lourd tribut
Le paludisme tue encore plus de 600 000 personnes par an, dont 75 % d’enfants de moins de cinq ans en Afrique subsaharienne, selon le rapport 2025 de l’OMS.
Les derniers chiffres mondiaux du paludisme marquent une inversion de tendance. Selon le Rapport mondial sur le paludisme 2025 de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), environ 282 millions de cas ont été recensés en 2024, contre 273 millions l’année précédente. Le nombre de décès est estimé à 610 000. Alors que les cas avaient connu une légère baisse avant 2015, ils augmentent à nouveau, poussés par les changements climatiques, les conflits et l’affaiblissement des systèmes de santé, précise le rapport. L’Afrique subsaharienne concentre 94 % des infections et 95 % des décès.
Au sein de ce fardeau, le Nigeria occupe une place centrale. Le pays représente 27 % de la charge mondiale du paludisme et 31 % des décès, indiquent les données du Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) citées par la presse nigériane. Les enfants de moins de cinq ans paient le plus lourd tribut : 75 % des morts liées au paludisme sur le continent africain surviennent dans cette tranche d’âge. Par ailleurs, la maladie est associée à 11 % des décès maternels au Nigeria, selon le ministère fédéral de la Santé.
La grossesse aggrave la vulnérabilité. Des gynécologues interrogés au Nigeria expliquent que le paludisme mal traité peut enflammer le placenta et réduire l’apport d’oxygène et de nutriments au fœtus, entraînant un retard de croissance, un accouchement prématuré, voire une mort fœtale. L’immunité naturelle de la femme enceinte baisse, ce qui accroît la fréquence et la sévérité des infections. En 2018, 11 millions de femmes enceintes étaient infectées en Afrique subsaharienne, avec pour conséquence près de 900 000 nouveau-nés de faible poids, selon l’OMS.
Parallèlement, les vecteurs du paludisme étendent leur territoire. Une analyse publiée en octobre 2025 montre que quarante-cinq espèces de moustiques vecteurs de maladies ont colonisé de nouvelles régions depuis le XVe siècle, dont douze depuis l’an 2000. Le changement climatique et le commerce international – notamment les pneus usagés et les plantes vivantes – accélèrent cette dissémination. Des espèces comme Aedes albopictus, capable de transmettre la dengue et le chikungunya, ont été signalées dans de nouveaux pays européens entre 2025 et 2026, illustrant une dynamique qui pourrait aussi affecter la transmission du paludisme.
Les innovations – vaccins, moustiquaires imprégnées de nouvelle génération, médicaments améliorés – offrent des outils pour inverser la courbe, mais leur efficacité est menacée par la résistance aux antipaludéens, les crises humanitaires et le sous-financement. Le thème de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme 2026, « Déterminés à en finir : maintenant nous le pouvons, maintenant nous le devons », traduit l’urgence d’un engagement renouvelé. La prochaine édition du rapport mondial de l’OMS, attendue en 2026, dira si les progrès annoncés se concrétisent.
| Presse africaine subsaharienne | −0.30 | critical |
|---|---|---|
| Presse d'Asie du Sud-Est | 0.00 | neutral |
Nous, experts en santé maternelle et nutritionnistes, tirons la sonnette d'alarme : le paludisme pendant la grossesse nuit au fœtus, mais la solution est à portée de main – diagnostic précoce, médicaments préventifs et un simple œuf par jour pour les enfants.
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