
Pékin confirme l’attaque d’un pétrolier chinois à Ormuz, la trêve vacille
Un navire battant pavillon des îles Marshall avec un équipage chinois a été visé. La Chine exprime sa vive inquiétude et appelle à la désescalade dans le détroit stratégique.
Pour la première fois, un pétrolier chinois a été pris pour cible dans le détroit d’Ormuz, théâtre d’une escalade qui menace de rompre le cessez-le-feu fragile entre Washington et Téhéran. Pékin a confirmé vendredi qu’un navire transportant des produits pétroliers et des ressortissants chinois avait été attaqué lundi dernier, sans faire de victimes. Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a évoqué une profonde préoccupation pour la sécurité des voies maritimes internationales, par lesquelles transite près d’un tiers du pétrole mondial. La Chine, tout en maintenant des canaux de communication ouverts avec toutes les parties, y compris l’Iran, exige des mesures concrètes pour éviter une intensification des hostilités.
L’incident s’inscrit dans une série d’attaques qui se multiplient depuis que les Gardiens de la révolution iraniens ont lancé des représailles contre les escortes américaines de navires marchands. Le groupe français CMA CGM a signalé le 6 mai que son porte-conteneurs San Antonio avait été endommagé, avec des blessés à bord. Quelques jours plus tôt, un chimiquier appartenant à une société chinoise avait déjà été visé. Ces frappes, dont l’origine n’est pas toujours revendiquée, témoignent d’une stratégie iranienne visant à perturber le trafic commercial en représailles aux opérations navales américaines, elles-mêmes présentées comme une protection de la libre circulation.
Du côté de l’Iran, les médias locaux soulignent que le détroit est devenu un point focal du conflit régional, accentué par la “guerre agressive américano-sioniste” contre Téhéran. Les autorités iraniennes réaffirment leur droit de défendre leur souveraineté, mais évitent de revendiquer directement l’attaque contre le pétrolier chinois. Séoul, de son côté, enquête sur l’explosion et l’incendie d’un navire sud-coréen dans la même zone, ajoutant une dimension supplémentaire à l’insécurité qui règne dans ce corridor vital.
Pour les capitales européennes et africaines, notamment les pays francophones comme la Belgique ou les États d’Afrique de l’Ouest dépendants des importations énergétiques, chaque incident à Ormuz rappelle la vulnérabilité des chaînes d’approvisionnement. La France, par la voix de ses analystes, insiste sur la nécessité d’une désescalade diplomatique, tandis que le Canada appelle à une protection renforcée des équipages civils. La réponse chinoise, à la fois ferme et mesurée, ouvre une fenêtre : Pékin, qui dispose de relais auprès de Téhéran, pourrait jouer un rôle de médiateur, à condition que Washington et ses alliés acceptent de revenir à la table des négociations. L’équilibre instable d’Ormuz ne tient plus qu’à un fil ; la prochaine attaque pourrait bien le rompre définitivement.
Élargis ton regard
Le Sénat américain adopte un vaste train de sanctions contre la Russie, le sort du texte incertain à la Chambre
2 langues · 36 sources
Depuis Economy & MarketsProvisionnement en hausse : les banques émergentes entre expansion du crédit et dégradation des actifs
2 langues · 6 sources
Depuis TechnologyMoscou encadre les SMS d'authentification des SIM d'enfants, sans interdire les réseaux sociaux
1 langue · 13 sources